Suppression de postes : un proviseur renvoie ses palmes
Un proviseur du Nord à la retraite a renvoyé ses palmes académiques à Luc Chatel pour protester contre les suppressions de postes dans l'Education nationale et l'attribution d'une prime aux recteurs ayant atteint les objectifs en la matière.
A la faveur d'un décret et d'un arrêté publiés en novembre, leur prime comporte, à partir de cette année scolaire, deux volets : une part fixe de 15.200 euros et une "part variable" dont le montant pourra aller jusqu'à 45% de la part fixe, soit de 0 à 6.840 euros.
Au total, un recteur pourra avoir jusqu'à 22.000 euros de prime. "Qu'est-ce que ça veut dire d'agiter 7.500 euros au nez des recteurs s'ils arrivent à supprimer un maximum de postes dans les académies ?", s'est interrogé M. Ascher. "Ceci m'a paru tellement scandaleux, que la coupe est pleine, il fallait que symboliquement, je fasse un geste fort", a ajouté M. Ascher, selon qui "le ministre semble considérer de manière particulièrement méprisante ses recteurs".
16.000 suppressions de postes sont attendues cette année au sein de l'Education nationale pour l'ensemble de la France, dont 865 postes dans la seule académie de Lille, selon M. Ascher.
(Source AFP)


M. Luc Chatel applique à l'éducation nationale les méthodes de l'industrie privée, et pas les plus reluisantes. De toute façon, vu son parcours professionnel il ne doit pas savoir faire grand chose d'autre et puis il est en cela dans la droite ligne du Fouquets's Club.
Encore 1 an et quelques mois.
Rédigé par : Lambda | 20/01/2011 à 18:54
Il renvoie ses palmes :
Est-ce qu'au moins il a gardé le masque et le tuba ?
Rédigé par : menelas | 20/01/2011 à 22:29
En voilà un au moins qui a du courage, car les légions d'honneur distribuées à la pelle ne valent pas grand chose !
Rédigé par : Momosoft | 21/01/2011 à 00:44
luc chatel est diplômé en marketing, comme d'ailleurs xavier bertrand ancien agent d'assurances, donc tous les deux éminemment compétents, l'un pour l'éducation nationale, l'autre pour la santé.
Il ne faut doncpas s'attendre à des miracles, plut^ot à des catastrophes , malheureusement! Et on y arrive!
Rédigé par : ianto | 21/01/2011 à 07:23
Les recteurs qui voudront jouer les bons élèves afin de toucher cette prime, non pas à l'embauche, mais à la débauche, se rendent-ils compte qu'ils scient la branche sur laquelle ils se trouvent ? Une fois qu'ils auront renvoyé tout le monde, à quoi serviront-ils ? A la trappe ! Et il faut les y faire passer dès maintenant, sans attendre qu'il soit trop tard.
Le fait même d'accepter de "collaborer" à cette politique de destruction du service public et de l'Education Nationale, conduit à s'interroger sur leur sens civique et leur morale citoyenne : sont-ils des commis de l'Etat ou ne pensent-ils qu'à leur prime ?
Rédigé par : ouvaton | 21/01/2011 à 07:40
Etant donné ce qui se passe dans l'Education Nationale depuis 2004 (Ministère Fillon) jusqu'à aujourd'hui, il y a matière à dossier, enquête, comparablement à ce qui s'est passé à France Télécom, notamment le plan social décidé par M. Fillon :
http://www.vox-populi.net/article.php3?id_article=358&var_recherche=fillon
Rédigé par : grellety | 21/01/2011 à 08:34
Bravo à ce proviseur en retraite !
Mais l'aurait- il fait lorsqu'il était encore en exercice ?
Depuis des années j'ai rarement vu un proviseur s'opposer à des directives aussi absurdes qu'inefficaces et ne visant qu'à "rentabiliser " l'institution , qui ne va bientôt plus être un service public , et avec des enseignants qui ne seront plus que des vacataires .
La casse de tous les acquis du CNR se poursuivra tant qu'on n'aura pas changé de dirigeants.
"qu'ils s'en aillent tous !"
Mais INDIGNEZ VOUS ! bon sang !
Rédigé par : bégé | 21/01/2011 à 08:59
Et alors ? Tout le monde doit faire des efforts : JE rappelle que la France est surendettée et que le déficit du budget atteint, je crois , 6 ou 7 % du PIB (au lieu des 3% visé).
Dans le privé , les travailleurs acceptent de drastiques diminutions d'effectifs (par exemple, dans l'industrie automobile et dans bien des entreprises de service).
Pourquoi les fonctionnaires ne feraient-ils pas des efforts comme les autres ?
Rédigé par : jacques422 | 21/01/2011 à 10:25
Bonjour,
je souhaiterais répondre à jacques422 :
"Les travailleurs acceptent de drastiques diminutions d'effectifs" : ont-ils seulement la possibilité de les refuser ? Croyez-vous donc qu'ils les acceptent avec, chevillé à l'âme, le fier sentiment de se saigner pour la nation ? Plutôt que de dire qu'ils les acceptent, je dirais qu'ils les subissent, comme "nous", les fonctionnaires, comme "nous", les professeurs. Vous parlez de vertu ? Mais c'est bien pour contourner toute velléité vertueuse qu'on agite du fric sous le nez des recteurs pour qu'ils suppriment les postes : pourquoi employer un tel procédé, aussi bas, sinon pour tenter de balayer leurs scrupules à les supprimer ? C'est bas, parce que c'est vouloir mobiliser les recteurs par la cupidité, et faire passer leur appétit personnel par dessus l'intérêt général. Autant leur proposer des prostituées, c'est du même ordre. D'ailleurs, avec le surplus gagné, leurs surprimes, ils pourront aller s'en offrir, et des belles... en récompense de leur vertu citoyenne. "Que les établissements fassent des efforts, moi j'empoche !" Et puis, quoi ? Venez donc enseigner, un an, deux ans, trois ans, qu'on rigole. Et voir le nombre d'élèves par classe augmenter jusqu'à la saturation de l'espace. Et voir bientôt même, des élèves en très grande difficulté n'avoir nulle part ailleurs ou aller que dans vos classes parce que les SEGPA auront bientôt disparu (voir par exemple le lien http://alternative50.over-blog.com/article-non-a-la-disparition-programmee-de-la-segpa-de-saint-james-65239648.html). Et puis vous devrez jongler sur plusieurs établissements à la fois (trois, mettons, pour commencer, en attendant mieux). Je vous donne trois mois dans ces conditions, un petit trimestre de rien du tout (sans parler des conseils de classe, des réunions diverses, des parents à rencontrer, des dossiers à renseigner si vous êtes PP, des copies à corriger, des cours à préparer et tutti quanti). Ce n'est pas que "nous", les crétins de fonctionnaires, nous ne voulons pas faire d'efforts, c'est surtout que dans des conditions de travail pareilles les efforts deviennent de plus en plus VAINS, inefficaces, quand ils ne sont pas devenus impossibles : il est un seuil d'épuisement où l'on ne peut plus faire d'efforts, le corps refuse, réclame le sommeil qui lui est dû, réclame sa part d'oubli, c'est comme ça. Une classe hétérogène réclame davantage d'individualisation de l'enseignement, ce que contrarie précisément l'augmentation du nombre d'élèves. Et puis, ce qui se passe aussi lorsque la classe devient nombreuse, ce n'est pas seulement que cela nous demande PLUS d'efforts, car cela c'est ce que pourrait penser un esprit comptable-gestionnaire (mentalité très prisée aujourd'hui), comme s'il suffisait de dire qu'entre une vingtaine d'élèves et une trentaine d'élèves il y en a dix de plus, non : ce qui se passe de 20 à 30, c'est une dénaturation du groupe : quand le groupe est trop gros, il advient un changement qualitatif, et non pas seulement quantitatif : la classe devient fragile, plus facilement inattentive, c'est comme si ça fuyait de partout. Et pour peu que vous ayez dans votre classe quelques meneurs, cela devient ingérable : l'influence mutuelle qu'exercent les élèves les uns sur les autres devient plus puissante que vous, et vous ne pouvez plus enseigner. Quand le groupe est plus modeste, vous pouvez plus facilement isoler les meneurs, la proximité de l'adulte est plus grande ; mais quand l'espace est saturé d'élèves, il y en a trop, l'enseignement tend à devenir une lutte, parfois perdue pour vous.
Nous sommes nombreux à donner largement plus que 35 heures de travail par semaine ; en fait nous ne comptons pas nos heures, parce que pendant les périodes scolaires, on ne fait que ça, on ne quitte pas son boulot ; les élèves ne sont pas des machines que l'on éteint le soir et rallume le lendemain, ce sont des êtres en devenir dont on partage, quelques années durant, le devenir, dont on se figure quotidiennement le devenir, que l'on espère guider vers le devenir qu'ils souhaitent, et avec de bonnes armes en main pour ce devenir (par devenir je n'entends pas seulement le travail, pardon, le gagne-fric). Je ne crois pas que leur faire passer plusieurs années dans des classes saturées et/ou ingérables devant des profs épuisés, tout cela au nom de principes comptables, soit véritablement autre chose qu'une regrettable, qu'une lamentable méprise sur le sens même de notre métier, et finalement un obstacle à la création d'une société plus joyeuse. Puissent les Tunisiens être mieux inspirés que nous en la matière.
Rédigé par : Dominique | 22/01/2011 à 03:36
à jacques422 :
"Dans le privé , les travailleurs acceptent de drastiques diminutions d'effectifs "
D'après vous, ils ont le choix entre accepter et refuser ?
De toute façon, au-delà de tous ces débats, c'est la logique de fond de la politique actuelle qu'il ne faut pas perdre de vue : cette logique consiste à passer dans les mains d’intérêts privés les biens et services qui étaient l'apanage ou la propriété de la chose publique, du nucléaire (c'est quasiment fait) aux musées nationaux (c'est en cours) pour ne citer que 2 exemples.
Et de ces mains, il n'y en a pas 36 dans ce pays, et comme chacun sait, elles sont plutôt voraces, disposent de pratiquement tous les moyens de propagande et de persuasion et le parti actuellement au pouvoir comme ses gens ne semblent qu'en être l'émanation jusqu'à la caricature.
Rédigé par : Totolevrai | 22/01/2011 à 09:38