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Assassinats au Niger, la tristesse de Linselles


"On ne s'attendait vraiment pas à ce que quelque chose comme ça puisse arriver". Après la mort des deux jeunes Français au Niger après leur enlèvement, le quartier des Myosotis à Linselles, où résident les familles, était figé par l'incompréhension et .

"Tout le monde est très éprouvé ici. On aura de la difficulté à s'en remettre, c'est certain", témoigne Corinne Pottier, l'une des voisines des familles d'Antoine De Leocour et Vincent Delory, morts à 25 ans.

Ces familles résident dans le quartier depuis plus de 30 ans, à moins de 50 mètres l'une de l'autre, au coeur d'un lotissement de petites maisons individuelles couleur brique.

Dimanche matin, seule la présence des forces de police bloquant l'accès à la rue et des journalistes, signalent aux passants que quelque chose s'est produit.

"Nous sommes dans un quartier où les gens ne se fréquentent pas, mais sont solidaires. Nous avons beaucoup de peine", expliquait samedi soir une voisine de 70 ans, qui a tenu à conserver l'anonymat.

"C'est l'ensemble de la ville qui est aujourd'hui attristé et touché au coeur par cet événement inexplicable", témoigne le maire de la ville, Jacques Romery. Il a rendu visite aux deux familles dans la matinée, accompagné du député UMP du Nord, Christian Vanneste.

"Les familles, qui ont choisi de ne pas s'exprimer, sont très abattues. Elles se demandent comment cela à pu arriver à leurs garçons. Elles n'éprouvent pas de colère, mais veulent juste savoir ce qui s'est passé", a déclaré le maire, qui les décrit comme "impliquées dans le milieu associatif et menant une vie exemplaire".

"Les parents sont bien évidemment effondrés, il n'y pas de mot pour décrire ce qu'on peut ressentir dans de pareilles circonstances. La mère de Vincent m'a même avoué qu'elle n'y croyait toujours pas", confiait le député.

Deux membres de la cellule psychologique du Quai d'Orsay ont rendu visite aux familles très tard dans la nuit et le préfet dimanche après-midi.

Antoine de Léocour, 25 ans, que tout le monde décrit comme un "amoureux de l'Afrique", travaillait pour des ONG en Afrique depuis près de deux ans et demi. "Il était parti là-bas juste après la fin de ses études. Il s'y sentait bien", précise Marie-Agnès Dhulu, une conseillère municipale de Linselles.

Selon M. Vanneste, Antoine "ne s'imaginait pas en danger à Niamey", où il a été enlevé.

Son ami Vincent, ingénieur à Toulouse avait rejoint Antoine, qu'il connaissait depuis la maternelle, afin d'assister à son mariage avec une Nigérienne.Un autre ami est arrivé à Niamey juste après l'enlèvement et d'autres devaient les retrouver pour assister aux noces prévues samedi. Selon Marie-Agnès Dhulu, "Antoine devait ensuite retourner en Centrafrique où était basée l'ONG pour laquelle il travaillait".

"Les familles savaient qu'il y avait des risques bien sûr. Mais l'esprit de camaraderie et l'amour de leurs enfants primaient", a témoigné M. Roméry.

Les obsèques seront célébrées à Linselles à une date indeterminée pour l'instant.

AFP