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Benvenuti al Sud, c'est Bienvenue chez les Ch'tis, en Italie et sans maroilles


"Benvenuti al Sud", qui triomphe en Italie et sort mercredi en France, fait son miel des stéréotypes qui perdurent entre le nord du pays, industriel et riche, et le sud, rural et déshérité, dans un remake extrêmement fidèle du phénoménal succès "Bienvenue chez les Ch'tis". Bergues, dans le Nord-Pas-de-Calais, devient ainsi Castellabate, petite localité de la province de Salerne au sud de Naples, en plein coeur du Mezzogiorno. Là, le chef d'agence de la Poste Alberto Colombo, venu d'Usmate Velate en Lombardie, va progressivement apprendre à aimer ceux qu'il considérait jusque-là comme de vulgaires

Plusieurs gags sont également italianisés: avant de rejoindre sa nouvelle affectation, Claudio Bisio, qui reprend le rôle de Kad Merad, n'enfile pas un épais blouson mais un gilet pare-balles destiné à le protéger des mafieux. Et lors de son premier petit déjeuner sur place, ce n'est pas le fromage de Maroilles qu'il doit avaler, mais du "sanguinaccio" local, mélange de sang de porc et de chocolat. Quant au ch'ti, celui-ci est naturellement remplacé par le napolitain, une langue difficile à comprendre pour un Italien du nord.
 Le scénario est le même, les gags sont souvent répétés à l'identique et les principales caractéristiques des personnages n'ont pas varié: le réalisateur Luca Miniero n'a pas trahi l'oeuvre de Dany Boon, réalisateur de l'opus aux 20 millions d'entrées en France, qui fait d'ailleurs une apparition éclair dans le film.
Forcément, Luca Miniero a dû s'adapter aux particularités de la péninsule où, à l'exact inverse de la France, c'est le sud qui véhicule une cohorte de clichés qui font frémir les gens du nord.
En Italie, le film est déjà le plus gros succès de 2010 avec 20,9 millions d'euros de recettes. Un triomphe remarqué dans un pays où les clivages nord/sud sont plus profonds qu'en France et où l'unité nationale fait débat. "Le pays est beaucoup plus uni qu'on ne le pense et on le voit avec le public réparti dans toutes les régions", assurait début octobre  le producteur du film Riccardo Tozzi. "Quand j'ai vu "Bienvenue chez les Ch'tis", j'ai pensé: ce n'est pas un film français, c'est le remake d'un film italien, car il racontait les préjugés culturels qui existent dans notre pays. Mais si les gens se moquent les uns des autres, il n'y a pas de haine. Ce sont les politiques qui exacerbent les conflits".

(Source AFP)