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03/03/2010

Sangatte : une dispute de dix ans, une digue sur le point de rompre

TERRE - Qui doit payer pour la rénovation de la digue de Sangatte, construite en 1729 ? Depuis dix ans, Etat, collectivités locales et syndicat des digues et des dunes accumulent les escarmouches sur la question. Résultat : le 7 février, trois à quatre mètres de la digue s'effondrent, à cause d'une forte marée. Ils sont colmatés d'urgence. Dans l'ancien estuaire de l'Aa, asséché par l'homme depuis le Moyen-Age, 450 000 personnes vivent aujourd'hui en dessous du niveau de la mer, entre Calais et Dunkerque. Le risque est lourd.
La loi date de 1807 et la préfecture du Pas-de-Calais ne s'est pas fait faute de la rappeler : " C'est aux riverains que la loi confère la responsabilité de protéger leurs biens contre la mer et d'en supporter la charge financière." En résumé, "l'Etat n'est responsable ni de l'état ni de l'entretien des ouvrages de défense contre la mer". Le communiqué de presse date du 10 février. Aujourd'hui, après la catastrophe en Vendée, les mots passent mal. Même si la préfecture rappelle qu'elle apportera son "soutien financier et technique" à l'entretien des digues.

Une association de riverains existe bel et bien, le Syndicat des digues et des dunes du Pas-de-Calais, qui perçoit des cotisations des villes et villages susceptibles d'être inondés. "Il touchait entre 30 et 50 000 euros par an", explique le maire de Sangatte, Guy Allemand, "alors que travailler en profondeur sur la remise en état de la digue coûte 3 000 euros au mètre linéaire." Rien que la digue de Sangatte court sur 1,8 kilomètre, tout au long bordée de maisons. Pas très loin, se trouve l'entrée du Tunnel sous la Manche. Mais dans cette région de polder, elle n'est pas la seule à devoir être entretenue. Guy Allemand reprend : "Pour l'Etat, les riverains sont propriétaires des ouvrages, puisqu'ils en assurent la maîtrise d'ouvrage. Il leur demande de supporter 20% des dépenses." Le syndicat n'en a pas les moyens. Il y a trois ans, ses membres ont démissionné en signe de protestation (cf Sangatte : au prochain coup de tabac, la mer passe). Pour le maire de Sangatte, les choses sont claires, "le cadre législatif est obsolète". Et il trouve un peu gros les arguments de l'Etat." Comme d'habitude en France, au lieu de faire un traitement préventif, on va seulement faire du curatif.La responsabilité de l'Etat reste directe sur ce sujet. Sa première mission constitutionnelle est la protection des populations. On ne peut pas considérer que l'entretien de ces digues soient une simple affaire de riverains." L'une des solutions avancées serait la délégation de la compétence à un syndicat intercommunal ou à un groupement de communes. "Mais les élus demandent des garanties financières", si ce scénario se précise, insiste Guy Allemand.
Sur le littoral, on espère que la catastrophe en Vendée va précipiter la résolution du problème. Dominique Dupilet, président PS du conseil général du Pas-de-Calais, s'est fendu d'une lettre à Nicolas Sarkozy : "Notre territoire a connu d'importantes surcotes du niveau de la mer.(...) Sur le territoire des wateringues, ce sont près de 450 000 personnes qui sont exposées à un risque majeur d'inondations.(...) Les réflexions engagées doivent rapidement et impérativement aboutir et un montage financier doit suivre immédiatement."

Stéphanie Maurice

Commentaires

"travailler en profondeur sur la remise en état de la digue coûte 3 000 euros au mètre linéaire". Ce qui fait 5.400.000 euros pour 1.8 km de digue. Laissez la digue en l'état et déménagez les quelques riverains qui sont en contrebas. Bien entendu ils vont gueuler parce qu'ils ne voient plus la mer. Mais faut choisir : la sécurité ou la beauté.

Les "sans abri" de Sangatte pourraient y trouver moyen de travailler et de supporter autrement leur vie en refaisant la digue ... voire y gagner un passage vers leur pays de cocagne, juste rétribution. Tout le monde s'y retrouverait mais peut être est-ce trop simple.

Un commentaire sur l forum de chasseurs
d'image qui conforte cet analyse.

http://www.chassimages.com/forum/index.php/topic,79018.msg1336500.html#msg1336500

Les structures locales se montrent incapables de gérer les gros dossiers d'amenagement territorial car elles sont trop proches de leurs électeurs et ne peuvent avoir la distance nécessaire à la prise en main des gros chantiers qui façonnent le paysage d'un pays modernes .
Les régions forment un échelon tout juste en mesure de le faire mais sous le contrôle d(un organisme d'aménagement du territoire .
A recréer .

A ceux qui déjà taxent le Président de "retourner sa veste" à propos des constructions en zones inondables,et
quand la mauvaise foi le dispute au dénigrement dans la critique de ses propos , je répondrai:
Construire, OUI, en zone inondable, POURQUOI PAS à condition que le danger potentiel ne soit pas excessif (ce qui suppose une mise à l'abri sauf circonstances exceptionnelles rares) et surtout construire des BATIMENTS ADAPTES: en Camargue, les fermes anciennes ont toutes un étage où l'on vit, le rez de chaussée servant d'entrepôt.
Les Hollandais s'en sortent fort bien, mais quand je vois ces cages à lapin, de plain pied, construites au ras du sol, je me dis que le 1er responsable du désastre c'est la bêtise ou l'inconscience des acheteurs alliées à la cupidité des vendeurs
En baie de Somme il en est de même, ces digues ont été édifiées pour éviter de trop fréquents ennoyages, mais nullement pour maintenir "ad aeternam" des champs ou des pacages!
Comme en Vendée, comme partout, on a voulu "vendre le cuivre au prix de l'or", et maintenant les gogos pleurnichent en appelant à la solidarité nationale, qui a bon dos!
Pour en revenir au Président, il suffit de reprendre ses propos et on a la solution, "conserver ce qui est raisonnable, abandonner ce qui est folie"!

C'est plus rentable de verser 1 milliard d'euros de dédommagements pour les dégâts de la dernière tempête sur la côte atlantique par exemple , que d'entretenir des digues à un coût au moins dix fois moindre que les risques pris.

Si une digue lâche, ou le cordon dunaire qui en fait office au dessus de Dunkerque, que ce soit en France ou coté Belgique, ça risque de faire très mal ! Avec
- une population très élevé sur la zone
- une densité industrielle forte avec des sites à risque (centrale nucléaire, sites "SEVESO", etc...
avec une plaine immense située au niveau 0 voire à moins 2 deux mètres sous le niveau de la mer comme à m'est de Dunkerque (plaine des Moëres)

"On dit d'un fleuve emportant tout qu'il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l'enserrent." Bertolt Brecht

Merci de prendre au sérieux le concept des paniers de soutènement bois...remplissage végétalisable, ou pierreux.
Serge Kachler

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