A Dunkerque, « un désastre pour l'emploi»
INTERVIEW - Total annonce ce midi l'avenir de la raffinerie des Flandres à Dunkerque. On
s'attend à une fermeture de l'activité de raffinage,
pour ne conserver qu'un site de stockage, avec un emploi sur dix
conservé.Pour Philippe Toulouse, secrétaire de l'Union
locale CGT de Dunkerque, des milliers emplois sont en jeu sur le territoire dunkerquois.
Si le projet de fermeture de l'activité de raffinage à Total Dunkerque se confirme, quel impact sur l'emploi?
On peut parler de 1500 à 2000 emplois touchés. Sur l'agglomération de Dunkerque, environ 450 entreprises travaillent avec Total. Je compte environ 300 emplois directs, sur le site, mais aussi les sous-traitants, mais aussi les activités de ménage dans les bureaux, les commerces autour. Et enfin l'activité portuaire. Total représente 30% de l'activité du port (10%, selon la direction de Total, ndlr). C'est un désastre économique, un désastre pour l'emploi, comme on en a jamais vu depuis la disparition des Chantiers de France à la fin des années 80, et ses 3500 à 4000 emplois perdus.
On est passé en six mois d'un taux de chômage de 9,5% à 12,5% dans le Dunkerquois.
Dans les mois à venir, on va largement les dépasser. Hier, c'était l'usine Rexam qui disparaissait malgré la bonne tenue financière de l'entreprise, aujourd'hui la raffinerie Total, demain probablement des suppressions à Arcelor Mittal Mardyck, Ascométal Valdunes, Tim, fabricant de cabines de tracteurs, est en péril. Les mois à venir seront très, très sombres. Où est la limite? Jusqu'où limiter les coûts du travail pour conserver son emploi? On doit sortir de cette logique du court terme, et investir dans les savoir-faire, la technicité, la recherche. Si on ne change pas de braquet, on va se retrouver dans un désert industriel à Dunkerque, et une catastrophe économique et sociale.
Que proposez-vous?
Les pouvoirs publics doivent interdire les licenciements dans les entreprises qui dont des bénéfices, et réclamer le remboursement des aides publiques aux entreprises. Total va bientôt annoncer 8 milliards de bénéfices. Nous avons affaire à des entreprises qui vont très bien financièrement, et qui, en plus, bénéficient des services publics grâce aux collectivités locales. On nous a promis de réguler, or la finance continue à tout encadrer. S'il ne fallait retenir que deux chiffres, c'est +22% pour les valeurs du CAC40 en moyenne, et +20% pour le chômage dans le même temps. Plus on fait de profit, plus on licencie. Sous le prétexte de maintenir l'emploi, on éxonère de cotisations sociales, c'est 10 milliards par an en France. Avec les aides directes, c'est 26 milliards. Cet argent peut servir à reclasser les salariés.
Recueilli par Haydée Sabéran
Photo Reuters/Pascal Rossignol : le 28 janvier 2010 à Total Mardyck.
Alors que Total annonce le report de la décision sur l'avenir de la raffinerie des Flandres, les salariés de Total manifestent à La Défense, pendant le Comité central d'entreprise, à midi. Ils seront le jeudi 4 février à 15h, place Jean-Bart.
«UN EMPLOI POUR CHAQUE SALARIÉ» - Total garantira un emploi à chaque salarié de la raffinerie de Dunkerque, quelle que soit sa décision sur l'avenir du site, a indiqué lundi la direction dans un communiqué. «Sans préjuger de la décision qui sera prise, mais pour répondre à l'inquiétude des salariés de l'établissement et des sous-traitants, Total s'engage à garantir à chaque collaborateur un emploi chez Total correspondant à ses compétences». La direction a annoncé en comité central d'entreprise qu'elle reportait d'ici à la fin du 1er semestre 2010 sa décision sur le sort de sa raffinerie de Dunkerque. Le gouvernement «n'acceptera pas» la fermeture de la raffinerie «tant qu'il n'y aura pas de garanties nécessaires sur la pérennité» des quelque 800 emplois concernés, a affirmé lundi le ministre de l'Industrie Christian Estrosi.
(AFP)


Toujours plus pour les uns et moins pour les autres. Les capitalistes, les actionnaires n'en n'ont jamais assez. Une usine fermée ce sont quleques millions en plus pour eux. Quand à la valetaille qui gagnait sa vie ils s'en fichent. Cela finira mal et le plus tot sera le mieux.
Rédigé par : claude | 01/02/2010 à 11:22
Estrosi essaie de faire croire que le gouvernement s'occupe de ce dossier et qu'il peut intervenir efficacement. Pas plus que moi , hélas!
Rédigé par : kidu | 01/02/2010 à 11:42
1. On consomme 2/3 de gas-oil pour 1/3 de super, or Dunkerque produit surtout de l'essence dont il y a surproduction
2. Les voitures consomment la moitié de ce qu'elle consommaient il y a 10 ans et la taxe carbone nous encourage à aller dans ce sens: étonnez-vous qu'il y ait surcapacité de raffinage!
3. Total fait des bénéfices....à l'ETRANGER!
4. Si on l'emm... trop, il délocalisera son siège aux Pays Bas, et l'Impôt sur les sociétés ira au Trésor néerlandais! Est-ce qu'on veut?
5. On peut toujours rêver de nationaliser Total, sauf que on ne nationaliserait pas grand chose en France!6. Que le gouvernement demande à Total de respecter la règlementation, c'est la moindre des choses!
7. Ca vaut toujours mieux que de reconnaître comme Jospin, propos de Vilworde, que l'Etat n'y peut rien!
8. Quant aux donneurs de leçon en chambre et en charentaises, j'aime mieux, à voir ce qu'ils ont fait dans le passé, j'aime mieux qu'ils continuent à critiquer plutot qu'appliquer leurs recettes calamiteuses!
Rédigé par : pier21 | 01/02/2010 à 11:44
Pour une fois le gouvernement s'oppose à la fermeture de la raffinerie au nom de la défense des intérêts supérieurs de la nation.
Il était temps.
Mais c'est une réaction qu'il faut promouvoir pour toutes les entreprises qui réalisent des bénéfices et qui mettent la clef sous la porte pour délocaliser à l'étranger, dans les pays esclavagistes.
Il s'agit d'une stratégie de désindustrialisation méthodique pour affaiblir l'Europe productrice de richesses ainsi que le rapport travail-capital en faveur de ce dernier.
Étrangement cela n'est guère débattu par les instances syndicales et partis politiques qui préfèrent parler en terme vague de "mondialisation".
Rédigé par : scotch | 01/02/2010 à 12:05
Rappelons que depuis plus de cinquante ans, l'évolution des technologies ont permis une accélération de la productivité. L'Insee publie chaque année des calculs sur la productivité par branche économique. Pour l'ensemble des industries, elle a gagné plus de 58 % durant la décennie 1950 à 1960, puis elle a plus que doublé (202 %) de 1960 à 1970. Elle a encore grimpé de plus de 55 % de 1970 à 1980, puis de 41,7 % en 1990 et elle a gagné 48,83 % de 1990 à l'an 2000.
Et lorsqu'on considère le demi-siècle qui va de 1951 à 2000, on constate que la productivité industrielle a fait un bond de 1 055,22 %, selon les chiffres officiels de l'Insee. Une heure de travail industriel a produit dix fois plus de valeur en 2000 qu'en 1950.
Or globalement, nous sommes de plus en plus acculés à la misère, la précarité sociale, alors que chacun pourrait bénéficier d'un travail, d'une retraite décente à un age raisonnable en dessous des 60 ans...
N'y a t il pas une contradiction entre les capacité de production, et l'impossibilité des producteurs de bénéficier de ces progrès ? Seul une remise en cause de la propriété privé du capital, prôné par les politiciens quelque soit leur étiquette de gauche comme de droite, on ne pourra jamais aller vers une résolution de cette contradiction!
Rappelons que cette année près d'un million de chômeurs ne vont plus être indemnisés. Que les salaires sont divisés plus que par deux.
Il n'y aura pas de salut, sans une grande mobilisation nationale du monde du travail à l'instar des événements récents de Guadeloupe, et comparable à ceux de mai 68.
Rédigé par : Christophe | 01/02/2010 à 12:14
le medecin algerien est en france travaille comme urgentiste cela est tre bien il peut rester enfrance pour moi cet homme a des qualiter se nest pas un bandit ilrent service de plus il fait son travaille la preuve d une integration reussite lesgens sot librent
Rédigé par : hp | 01/02/2010 à 12:26
Et ben moi je trouve que ce conflit sent la naphtaline...Va faire tâche d'huile... Le printemps va être chaud,les marrons chauds...Va y avoir du poulet cassé en promotion...
Rédigé par : zérozaza | 01/02/2010 à 19:15
On entend plus les Ecolos ,il devraient être satisfait.
Avec eux on fermerait tout et on reviendrait au moyen age ,ou tout fonctionnait avec le bois .A non faut pas non plus excusez moi.
Rédigé par : RAMINI | 01/02/2010 à 20:05