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  • INCARCÉRÉS - On tourne en rond, c'est le titre du livre que Danièle Mercier, de l'association Repousser les murs, a écrit avec des détenus, au gré des groupes de parole qu'elle anime en prison. Un livre-objet en carton gris, qui ressemble à une prison, avec son œilleton qui surveille, pour regarder ceux qui sont dedans. A lire, ici
  • OUALOU - Le clip de On lâche rien, le dernier titre des roubaisiens HK et les Saltimbanks, a été tourné sur une scène-camion, au milieu de la manif sur les retraites, le 6 novembre à Paris. Ça fait des souvenirs, à regarder et écouter, ici
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14/12/2009

«Monsieur le président, je suis une veuve de l'amiante»

ÉCO-TERRE - Ce sera demain matin, comme à l'issue de chaque marche des veuves de l'amiante à Dunkerque. Une veuve remettra au sous-préfet une lettre au président de la République, les mots d'une épouse en colère. Demain, la douzième lettre est signée Monique Robbe, de Saint-Pol-sur-mer. Extraits.

«Monsieur le président,

«Mon mari Jean a connu dès 14 ans le fond de la mine, pupille de la nation, son père étant mort à Dachau. A 26 ans, il devient docker. Il travaille au fond des bateaux dans l'enfer blanc de l'amiante pour l'entreprise Boiron.

«Permettez-moi de porter à votre connaissance le récit d'André Aschiéri dans le livre "La France toxique" : "Environ 7% des fibres d'amiantes importées en France arrivaient au port de Dunkerque. Elles étaient transportées dans des sacs de toile de jute entreposés dans les cales des bateaux avec des blocs de granit qui glissaient avec le  tangage. Ces blocs écrasaient les sacs et les éventraient souvent. "Nous devions ensuite les décharger et, à mains nues, sans masque, ramasser les fibres (...) Et nous rentrions chez nous sans avoir pris de douche". Les dockers de Dunkerque avec qui je m'entretiens, au mois d'août 1998, me font ainsi le récit du mal qui ronge leurs poumons. Je n'oublierai jamais leur détresse (...)".

«Mon mari (...), comme hélas beaucoup de ses collègues ont travaillé dans cet enfer blanc. Cette invisible tueuse leur a rongé les poumons. Deux ans après l'interdiction de l'amiante en 1999, mon mari développe une maladie professionnelle,  reconnue à 25%, l'abestose. Trois ans après, aggravation constatée par le pneumologue et non reconnue par la sécurité sociale. Un an après le médecin du centre anticancéreux m'annonce l'insoutenable : cancer inopérable, terrible diagnostic pour la famille, le sablier de la mort imposé par les empoisonneurs qui se sont enrichis avec l'or blanc sur son dos, sur sa sueur, est en marche.

«Le temps de la maladie ira plus vite que le temps de la justice. Il décède en 2005, à 71 ans, d'un néoplasme bronchique en rapport avec une exposition à l'amiante. Un retraite de souffrance. Un cancer inopérable lié à son travail, sans coupable ni responsable. Pour moi et mes deux enfants, Nadia et Nathalie, c'estun crime social parfait qui doit être puni.

«Dix morts par jour de l'amiante sont moins médiatiques que le virus de la grippe A. le poison de l'amiante est connu depuis un siècle (...).

«Entendez la voix des veuves et des victimes qui marchent pour la 19ème fois en ce mardi 15 décembre autour du palais de justice de Dunkerque. 

«Demain avec la suppression du juge d'instruction, un procureur de la République aux ordres du  pouvoir et des lobbies, vous pourrez organiser un enterrement de première classe au procès pénal de l'amiante. Ni coupable, ni responsable, deviendrait à jamais la loi des empoisonneurs.

«Oui au procès pénal de l'amiante comme à Turin.

«Non à la suppression du juge d'instruction.

«Nous vous prions d'agréer, Monsieur le président, l'expression de notre considération distinguée».

Monique Robbe

Commentaires

Merci de relire vos textes avant de les publier !

"le poison de l'aimante est connu depuis un siècle " le lapsus est choquant !

Cette histoire (une parmi tellement d'autres) est déchirante. Je souhaite à cette dame d'obtenir au moins la maigre satisfaction que les souffrances de son mari soient reconnues.

total solidarité

Bonjour,
La prmeière description des effets de l'amiante est attribuée à Hypocrate, du temps de la grèce antique. Les publications sur l'amiante dans la médecine moderne occidentale sont françaises et datent du début du 20 ème siècle.
Durant les "30 glorieuses", les médecins en formation étaient déja au courant car les conséquences épidémiologiques crevaient les yeux.
La morale triste et déguelasse de cette histoire, est que des personnes ont été sacrifiées. Pendant très longtemps il n'a pas existé de substitut à l'amiante, et l'usage de ce produit à permis l'essor qu'a connu le monde au 20ème siècle.
Si aujourd'hui on peut croire que le problème est réglé, il n'en est rien. Renseigner vous sur la mine d'amiante en corse. Un reportage récent, existe ( archive de l'INA ? ) L'amiante "dégringole" le long de la colline pour finir sur un village et une école en activité. Ca fait froid dans le dos.

Bonc courage pour toutes vos démarches.

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