«Le Racing Club de Lens, c’est un peu l’Angleterre»
FOOT - Dany Boon, le folklore nordiste et le salaire des joueurs : Jean-Guy
Wallemme, entraîneur des Sang et Or, raconte la vie de son équipe, qui a battu Saint-Etienne, 1-0, hier soir.
Vaillant 14e de Ligue 1 malgré des finances dans le rouge et une interdiction de recruter, le promu lensois - qui a battu Saint-Etienne (1-0, sur pénalty de Eduardo, 90ème + 1) mardi soir en match avancé de la 19e journée de Ligue 1 - trimballe ses propres problématiques : tropisme nordiste (les Corons de Pierre Bachelet repris à chaque mi-temps, supporteurs avec un casque de mineur) pouvant relever du folklore, «valeurs» noyées dans le foot mondialisé d’aujourd’hui, public fervent dont les attentes paraissent parfois en décalage avec ce qu’un joueur pro a à offrir. On a parlé de tout ça avec Jean-Guy Wallemme, 42 ans, natif de Maubeuge (Nord), entraîneur d’un club qu’il a fait monter en Ligue 1 la saison passée après avoir été le totem des Sang et Or quand il était joueur entre 1986 et 1998.
Au Racing Club de Lens, on met en avant le «courage» ou l’«effort». Sauf que les joueurs circulent : peut-on parler d’une spécificité lensoise ?Je suis d’accord pour dire que ces valeurs-là sont une sorte de minimum syndical, à Lens comme ailleurs. Les efforts, c’est la base. Après, si tu mets 11 supporteurs sur le terrain, ils vont mouiller le maillot, mais l’équipe n’ira pas loin.
Que reste-t-il de spécial ici ?
C’est un peu l’Angleterre : le foot n’est pas appréhendé comme un spectacle [auquel on assiste passivement, ndlr]
mais comme un reflet de la vie des gens. Ceux qui viennent au stade
veulent voir quelque chose d’eux-mêmes. Je ne doute pas qu’un joueur
niçois ou toulousain fasse les mêmes efforts qu’un Lensois mais, ici,
les gens veulent voir ces efforts, les ressentir. Sinon, ils ne
comprennent pas.
Les attitudes : moins de replacements défensifs, les mecs qui baissent la tête. Quand j’ai lâché en novembre que même mon père se demandait si les joueurs étaient concernés, j’ai essayé de les faire réagir par rapport à ça. Je pouvais me brûler. Mais c’était le moment de prendre un risque.
Aujourd’hui, les joueurs sont les mêmes partout : pourquoi ceux qui signent à Lens…
… (il coupe) se sentiraient des devoirs particuliers ?
Attendez : moi, je peux comprendre leur discours. Un exemple : on joue
à Monaco, nos supporteurs font quinze heures de route en camionnette,
on perd, les fans grondent. Un joueur peut dire : «Mais merde, je m’en fous, je ne les ai pas forcés à venir.» Dans ce cas, je répondrais : «Attends, t’as pas compris où t’as signé.»
Tu sors du centre d’entraînement de La Gaillette et tu vois quoi ? Des
gens qui galèrent. Le club est raccord. Ici, on a décidé de ne pas
monter le prix des places. On peut venir au match pour 10 euros. Du
coup, il y a un manque à gagner. Mais le club l’assume. Ça, c’est du
concret.
Le soir du titre de champion de France, le 10 mai 1998 : 5 000 supporteurs pour attendre les joueurs à l’aéroport de Lille-Lesquin à 3 heures du matin, 40 000 au stade Félix-Bollaert à 3 h 30, 60 000 [pour une population de 35 000, ndlr] devant la mairie l’après-midi. La fierté dans les yeux des gens… Depuis, il y a eu Dany Boon, les choses ont évolué, mais à l’époque c’était juste : «Il pleut tout le temps, il fait gris, les gens savent pas parler…» Bon, pour en revenir à aujourd’hui, je sais très bien que les joueurs passent vite et que l’identité locale est difficile à pérenniser.
Comment faire ?
On peut par exemple rappeler aux joueurs que, la saison passée, le
RC Lens tournait à 30 000 spectateurs de moyenne à domicile en L2. Je
rencontre aussi les associations de supporteurs pour expliquer nos
contraintes, dire que le foot des années 2000 est comme ci plutôt que
comme ça, et que le RC Lens ne gagnera pas tous les matchs.
Centrés sur leur petite personne, et puis après ? Tout le monde a besoin de reconnaissance. Si on dit d’une fille «elle est belle, elle est bien sapée», la fille en question est flattée. Aujourd’hui, la reconnaissance est proportionnelle au salaire : si le gars le mérite, ça ne me choque pas. Après, mon travail consiste à ramener tout le monde dans un projet collectif : je n’ai pas le droit de focaliser sur un mec en particulier. Quand tu fais ce boulot, impossible de te faire aimer des joueurs.
L’entraîneur de Nancy, Pablo Correa, a parfois expliqué que pour avoir l’esprit libre dans ses choix, il ne voulait pas connaître le salaire de ses joueurs. Et vous ?Les salaires, on les connaît à peu près (sourire). Je
prends le problème à l’envers : si on a estimé que tel joueur valait
tant, il doit évoluer au niveau de performance qui va avec.
On a vu avec l’affaire des primes de Domenech que les salaires
distribués dans le foot (45 300 euros mensuels de moyenne en L1)
peuvent heurter le public. Qu’en pensez-vous ?
Que la carrière d’un joueur dure en moyenne six ans et qu’un
médecin, par exemple, va gagner 7 000 ou 8 000 euros mensuels pendant
trente ans : faites le calcul, autant être médecin. Que le foot est un
créneau comme il y en a d’autres dans les arts, le cinéma d’animation…
Que je suis parti de chez moi à 11 ans sans aucune garantie de gagner
ma vie dans le foot. Et qu’un joueur de foot ne sait rien faire d’autre.
Recueilli par Grégory Schneider


-Primo 12*8000*30<45300*12*6
-Secondo quitte à gagner un salaire identique, autant être footballeur pendant 6 petites années
-Tertio certains médecins sauvent des vies et la comparaison avec un spectacle (le foot) me semble saugrenue
-Quatro, personne n'a la garantie de gagner quoi que ce soit en partant de chez lui. Et le malheureux footballeur peut toujours aller travailler à la chaine s'il ne sait rien faire.
Conclusion : à Lens, le côté "proche du peuple prend du plomb" dans l'aile avec l'ami JGW
Rédigé par : Jean-Guy truc ne sait pas compter | 23/12/2009 à 22:06
C'est bien LibéLille, le LOSC réalise la série la plus folle de toute son histoire récente, avec des joueurs comme on en a jamais vu, mais eux ils préfèrent s'intéresser à un RC Lens au jeu triste comme un jour comme un jour de pluie !
Rédigé par : Franck | 23/12/2009 à 23:12
Jusqu'a preuve du contraire :
45300*12*6= 3261600
8000*12*30= 2880000
"Faites le calcul..." autant etre footeux !
Rédigé par : Petit calcul | 24/12/2009 à 09:44
Quand le SMI8C est à moins de 1400 € parler de salaire moyen en L1 à + de 43 mil € parait indécent, car à l' OL, l'OM, Bordeaux, PSG, des joueurs payés à la "moyenne" il y en a peu.
Mais d'où vient cette masse d'argent ? de la PUB, du Sponsoring, de la vente des produits dérivés ? de l'argentb''recyclé" ?
Un jour dans pas longtemps probablement cette "bulle " va péter à la g...... de ce monde là. La crise des sub-primes à côté paraitra une aimable plaisanterie.
Rédigé par : koolpappy | 28/12/2009 à 06:31
Bonne chance au RC Lens.
Rédigé par : koolpappy | 28/12/2009 à 06:33
allez faut etre européen cette saison !!
Rédigé par : tsonga | 13/07/2010 à 03:07