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  • INCARCÉRÉS - On tourne en rond, c'est le titre du livre que Danièle Mercier, de l'association Repousser les murs, a écrit avec des détenus, au gré des groupes de parole qu'elle anime en prison. Un livre-objet en carton gris, qui ressemble à une prison, avec son œilleton qui surveille, pour regarder ceux qui sont dedans. A lire, ici
  • OUALOU - Le clip de On lâche rien, le dernier titre des roubaisiens HK et les Saltimbanks, a été tourné sur une scène-camion, au milieu de la manif sur les retraites, le 6 novembre à Paris. Ça fait des souvenirs, à regarder et écouter, ici
  • INSPIRÉE - Ce n'est pas de l'accordéon, c'est du Laure Chailloux. Sa musique vous attrape par le ventre et ne vous lâche plus. Pour en savoir plus, c'est ici. Pour l'écouter, et voir le détail de ses dates, c'est là

23/11/2009

Monumental Peter Klasen

Klasen CRITIQUE - Ce qui frappe lorsqu’on découvre l’exposition de Peter Klasen au Tri postal de Lille, c’est la parfaite adéquation entre le bâtiment lui-même et les œuvres de l’artiste. Comme si ce lieu avait été conçu pour elles. Comme si elles venaient se poser tels des calques sur les murs de cet immense centre de tri reconverti depuis 2004 en lieu phare de l’art contemporain. Des expositions, Peter Klasen en a fait beaucoup. Mais l’artiste, né à Lübeck, au nord de l’Allemagne, en 1935 et installé à Paris depuis 1959, a rarement dû vivre une telle osmose.

Et il ne s’était encore jamais vu consacrer une aussi importante rétrospective : cinquante années de travail (1959-2009) et environ 200 œuvres sur plus de 4 000 m2, avec notamment ses plus grands tableaux réunis ici pour la première fois : le Wagon réfrigérant STEF (4,30 m sur 1,95 m) de 1977, la Grande Grille (4,30 x 2,60), le très d’actualité Macht :le mur de Berlin (6 x 3) de 1987. Avec également ses installations monumentales dont le fameux Shock Corridor Dead End,inspiré par le film de Samuel Fuller et qui n’avait jamais été remonté depuis sa création en 1991 à la Fiac ; ou encore la Colonie pénitentiaire, d’une incroyable violence, réalisée spécialement pour l’occasion d’après la nouvelle de Kafka, avec une composition musicale de Pascal Dusapin.

De cet ensemble il ressort deux choses : d’une part, la cohérence de cette œuvre qui, la plupart du temps, fut présentée de façon trop fragmentée pour qu’on en perçoive correctement la logique comme l’évolution. D’autre part, la formidable force du vocabulaire de Klasen qui, de ses premières œuvres des années 60 liées au mouvement de la Figuration narrative aux plus récentes, en passant par ses périodes bâches de camion, wagons, containers marqués de tous les signes d’interdits et de dangers, a su puiser dans l’iconographie de l’environnement quotidien. Il s’en est ainsi approprié les objets, les codes, les sigles, la signalétique pour cristalliser de façon directe les peurs, solitudes, angoisses générées par la modernité urbaine et la société contemporaine, et réfléchir à la place et à la liberté de l’humain dans un tel contexte.

Henri-François Debailleux (envoyé spécial à Lille)

Rétrospective Peter Klasen, 1959-2009 Tri postal, avenue Willy-Brandt, Lille. Jusqu’au 29 novembre. Rens. : 03 20 14 47 60. A signaler parallèlement les expositions «Peter Klasen, la mémoire du regard, l’œuvre photographique», au LAAC à Dunkerque (59), jusqu’au 13 février et «Peter Klasen, œuvres graphiques 1969-2009» aux anciennes écuries de Roncq (59), jusqu’au 28 novembre.

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