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  • OUALOU - Le clip de On lâche rien, le dernier titre des roubaisiens HK et les Saltimbanks, a été tourné sur une scène-camion, au milieu de la manif sur les retraites, le 6 novembre à Paris. Ça fait des souvenirs, à regarder et écouter, ici
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26/10/2009

«Que j'aie fait ça sur d'autres enfants, j'arrive pas à me l'expliquer»

PROCÈS Actualisé le 27/10 - « Je me nomme Francis Evrard. Je suis né le 12.7.46 à Roubaix. » La voix est forte. Chemise blanche à manches courtes, il est grand et se tient droit. Il comparaît depuis ce matin devant la cour d'assises du Nord, à Douai, pour avoir enlevé, kidnappé et violé Enis, 5 ans, à Roubaix. Dans le box, bras croisés sur la poitrine, il reconnaît tous les faits, même celui de viol. Il l'avait reconnu devant les policiers, avant de revenir dessus. Cette fois, c'est « oui, exact. Malgré que j'avais pensé que je l'avais pas fait. Il est quand même temps de le dire. J'ai quand même un doute encore en moi, mais si on m'a dit que je l'avais fait, c'est que je l'avais fait ». Le président Michel Gasteau : « vous avez dit que vous l'aviez fait ?». Francis Evrard : «Oui».

Cirrhose. Derrière la vitre; il lève la tête vers le plafond comme pour chercher l'inspiration. Presque à l'aise. « Disons que j'ai bien vécu jusqu'à l'âge de dix ans. Ça remonte à la séparation entre mon père et ma mère. Ma grand-mère s'occupait de moi ». Mère « doubleuse à la Lainière de Roubaix », père « caoutchouteur chez Pennel et Flipo » . Ils ont toujours travaillé tous les deux « médaillés du travail, et tout». « On disait que mon père était poivrot. Il est mort d'une cirrhose du foie, mais on ne peut pas dire que c'était un ivrogne. Il était belge, il aimait bien sa bière, c'est tout. Il ne m'a jamais maltraité. J'ai bien pris une raclée comme tout le monde de temps en temps, c'est normal, à cause de petits larcins que j'avais commis. Ma mère m'a cassé un balai sur la tête, mais elle m'a dit 'mon chéri, j'ai pas fait exprès' ».

Voisins. Il parle d'une traite, sans s'arrêter. « Après leur séparation, on a déménagé. Mon père me manquait, certainement. J'ai été abordé par des jeunes. Un jeune de vingt ans, de type maghrébin, m'a emmené, et s'est livré sur moi à des attouchements sexuels. Personne n'a fait attention à ça. Ma mère n'a rien dit. Elle venait d'arriver, elle voulait pas faire du bruit autour des voisins. C'est resté comme ça. Chaque fois que j'ai été arrêté, j'en ai parlé au juge. Il me disait qu'on pouvait pas le prouver ». Plus tard, il dit que finalement ce n'était pas un Arabe : « c'est Marc S. » et que c'était plutôt un viol.

Il continue : « en 57, 58, j'ai manqué souvent l'école. J'allais au caté, j'y allais pas ». Il erre entre les centres éducatifs « mais j'ai fait ma communion solennelle, quand même ». « J'ai connu d'autres déboires tels que des maisons de corrections. Je l'ai mal vécu, je n'arrêtais pas de me sauver, j'ai commis des délits ». Et puis, « au centre de Neufchâteau, j'ai été violé. Jamais on m'a cru. Que moi j'aie fait ça sur d'autres enfants, j'arrive toujours pas à me l'expliquer. Est-ce qu'on m'a pas rendu justice, et que j'aurais voulu me rendre justice à ma place? Je ne crois pas, mais je ne sais pas ». Il reprend le président sur les dates, les détails. Presque tranquille. Quand le procureur Luc Frémiot lui reproche de se contredire, Francis Evrard s'énerve : « vous pouvez dire n'importe quoi! ».

Viagra. Ça s'est passé le 15 août 2007, jour de braderie, à Roubaix, vers 14h 30. Francis Evrard s'est penché sur un enfant qui ne le connaissait pas, il l'a aidé à faire ses lacets, et il lui a promis des jouets. Le garçon l'a suivi. Le taxi qui les a conduits a dit que l'enfant n'avait pas l'air effrayé. Les policiers ont retrouvé l'enfant à demi dénudé un peu avant minuit dans le garage de l'homme. Quelques jours plus tôt, il avait été libéré, après 18 ans de prison pour des faits similaires. Il avait été aussi condamné pour des viols en 73, des attouchements sexuels en 84, et un viol en 87, à chaque fois sur des mineurs. En prison, un médecin lui avait prescrit du viagra avant sa sortie. Francis Evrard était fils unique. « Ma mère me disait toujours : 'si ton frère avait vécu, tu ne serais pas là' ».

Haydée Sabéran

Le  témoignage de l'enfant - Dans un film en noir et blanc de 22 minutes diffusé sur écrans, les jurés ont découvert le visage d'Enis à 5 ans, interrogé par des enquêteurs de la brigade des mineurs de Roubaix à 4h du matin le 16 août 2007, peu après sa libération. Dans une chambre du CHRU de Lille, l'enfant est en pyjama, sous un drap. Il porte un bandage à la main droite. Une enquêtrice l'interroge sur son école puis, au détour de questions anodines, sur sa rencontre avec son agresseur en marge de la braderie de Roubaix, la veille, en début d'après-midi.

"Il a dit je vais donner des jouets, mais il a pas donné", se plaint Enis qui raconte le trajet à pied, en bus et en voiture, de son domicile au garage d'Evrard où il subira des attouchements et un viol présumé par pénétration digitale. Un garage qu'il décrit comme étant "une cave", encombrées de "chaises tout cassées". L'enfant parle d'un "méchant", décrit des attouchements. "Je lui dis "dégage"", raconte l'enfant. Au bout de 20 minutes, l'enfant, épuisé, est distrait, les enquêteurs décident d'interrompre l'entretien.

La parole est donnée à Francis Evrard, qu'on a vu sourire pendant la diffusion du film. "Ça m'a fait vraiment mal au coeur (...). J'ai même eu des larmes quand je l'ai vu tout à l'heure. Si j'ai eu un sourire, c'est à cause de ses réponses, parce qu'il est marrant". L'enfant avait décrit un matelas comme étant un lit "sans jambes". Condamné à trois reprises depuis 1975 pour des attentats à la pudeur et des viols sur mineurs, Francis Evrard encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

(Source : AFP)

Commentaires

Ouais, bon et alors ?... Evidemment qu'il y a au moins une cause à ce type d'actes : est-ce que le fait d'avoir été victime sans justice l'a fait reproduire l'acte impuni ?... Il y a encore des tombereaux d'études à faire pour savoir si un type comme ça mérite la taule ou bien si c'est la société qui par ses dysfonctionnements produit des monstres comme boucs émissaires, pour éviter de se réformer trop profondément.

Ce qui est important, à mon sens, depuis des décennies, c'est que la magistrature d'aujourd'hui se moque de la société...
Elle se pose encore des questions. Elle essaie de mettre au point des recettes pour soigner, pour suivre cette race d'individus... pendant que les victimes et failles de victimes pleurent...
Le responsable n'est pas ce salopard c'est la justice qui ne fait pas son travail, qui démissionne et qui fait travailler les avocats verreux qui défendent l'indéfendable...


Anderson,

Est ce que l'on sait sous quels prétextes un médecin prescrit du viagra à un homme qui sort d'une détention pour de multiples viols???
Je ne comprends pas...

Un gars qui drogue un mineur pour en abuser, ça me rappelle quelqu'un. Courage mon gars, les intellectuels vont sûrement se mobiliser pour réclamer ta libération !

Même interrogation que Milk...

oui pourquoi prescrire du viagra à un violeur ? qui est le malade ? et lui violé aussi... mais tous les violés ne deviennent pas violeurs, où est le vrai mal être ? quels spécialistes répondront : des livres sur le sujet plein les librairies, des violeurs, plein en liberté et quelques uns en prison...
hommes malades, où avez vous mal ??

Que de tristesse, que d'erreurs, comment peut-on relacher des monstres comme lui dans la nature, et ceci malgré le fait qu'il soit multirécidiviste...

Que risque t'il, la prison à perpétuité ??? Comme à chaque fois, puis libéré ...., et il recommencera encore une énième fois !

Et ses monstres ont le droit à un procès équitable, avec des avocats pour les défendres (avocat du diable), c'est tous simplement pitoyable !

Jérôme

Quand il déambule dans les rues de la braderie de Roubaix en ce matin du 15 août, Evrard est en chasse. Pédophile récidiviste, il vient de passer vingt ans derrière les barreaux. Soumis à un régime de surveillance judiciaire qui l’oblige à séjourner dans la région de Rouen, le voilà pourtant de retour sur ses terres natales. Avec en poche son matériel de pervers sexuel : une bande adhésive, du gel rectal et un préservatif. Il repère sa proie, un petit garçon de 5 ans qui a du mal à lacer ses chaussures. Drogué et violé, Enis passera dix heures dans le box de garage loué par Evrard.
Le plan Alerte Enlèvement permettra de mettre un terme à son calvaire.

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