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28/06/2009

A Calais, les No Border n'ont pas débordé

RTR253JB_Comp SOCIETE - Un mur de CRS, tout le long de la manif. Les No Border, samedi à Calais, manifestaient contre l'Europe forteresse, et pour l'ouverture des frontières aux migrants. Le trajet avait été négocié entre les syndicalistes de Sud et la Préfecture sur le mode « c'est ça ou rien » et la manif est passée par les rues, voire les routes les moins habitées de la ville. Dans le calme.

Tout le long, un mur de casques, bottes, boucliers, et même de camions-boucliers. Comme des tableaux vivants, immobiles, la police dans tous les intersitices de la ville : aux entrées de rues, des cours d'immeubles, sur les quais, sous un panneau publicitaire annonçant les soldes, et même des policiers à cheval, dans un champ de colza, et même, immobiles comme des gardes de Buckingham Palace, deux policiers stoïques sur une voie de chemin de fer. Enfin, un hélicoptère pour surveiller tout ça de haut. Les No Border étaient autour de 2000, les policiers plus nombreux. Dans la ville, des Calaisiens râlaient, agacés par cette paranoïa policière, des migrants souriaient, soulagés que, occupés à contrôler les militants No Border, les policiers les laissent pour le moment tranquilles.

Installés dans un campement autogéré au Beau Marais, où quelques migrants les avaient rejoints, les No Border avaient été harcelés toute la semaine, plusieurs dizaines arrêtés (certains avec des boules de pétanque et des machettes dans leur coffre de voiture, selon la Préfecture). Le matin même, fouilles au corps avant le départ des jeunes vers le point de rendez vous. Les batons qui servaient à tenir les banderoles et les drapeaux, confisqués.

Tensions sur un pont alors que les policiers avaient dévié sans raison le trajet du groupe qui rejoignait le point de départ de la manif au phare. Quelques jeunes ont titillé la maréchaussée à coups de slogans et de blagues. Les policiers sont restés de marbre. Même quand quelques cannettes ont volé sur eux. Une bande de filles clown ont réussi à en faire sourire quelques uns. On a surpris un policier battant la mesure au rythme de la batucada qui passait.

Dans le cortège, outre les No Border, Sud, des militants NPA, des calaisiens anonymes -notamment des habitants du Beau Marais-, quelques humanitaires qui aident les migrants depuis des années, les Verts, la CNT, les Flamands roses. Contrairement à ce qu'annonçait la Préfecture, ça n'a pas débordé. Les syndicalistes de Sud, dont certains sont enseignants, ont, tout le long du trajet, discuté avec les plus tendus, cagoulés, une poignée. Comme des profs habitués à gérer des mômes ingérables. Ça a marché.

H.S.

Commentaires

Tous ses policiers pour sa!! je me demande sa a coûté bien à l'état en ce temps de crise...

Oui enfin bon, on est jamais trop prudent avec des énergumènes pareils.

Il paraît que certains avaient même amené des briquets, de l'allume-feu, des canettes, des couteaux-suisses, des piquets de tentes, des barbecues, des maillets, ...

Il est gentil cet article.

Il ne parle pas de l'hélicoptère en permanence sur le camp, de l'arrêté préfectoral interdisant d'être plus de 4 dans les rues, des militants arrêtés alors qu'ils tractaient (!!!) dans Calais, des journalistes qui ont "perdus" leurs vidéos lors des contrôles d'identités, des 3000 flics déployés sur la semaine, des provocations des flics -en particulier la BAC -, des barrages au "mauvais endroits" sur la trajet qui menait à la manif (oui, à deux reprises, ils se sont "trompés" de rues où ils devaient faire leur barrage).

Il ne parle pas non plus des flics qui ont empêché les noborders de sortir du camp pendant une demi-journée, du moment où ils ont attaqués le camp à coup de lacrymo et de grenade ni des fouilles systématiques.

Il ne mentionne évidement pas non plus la présence des "agents provocateurs" (c'est à dire des flics en civils chargés de provoquer leurs collègues et de faire monter la tension dans le but de légitimer une charge) ou de la consigne très évidente émanant du préfet de tout faire pour que la situation dégénère.

Et cela va de soit, ne parlons pas non plus de l'organisation autogérée du camp qui pendant une semaine, a regroupé des centaines d'individus venus de partout dans le monde (Allemagne, Angleterre, Belgique, Iran, Iraq, Afghanistan...) avec ou sans papier, et ce, sans hiérarchie, sans police, sans gouvernance bureaucratique...

Mais bon, faudrait pas trop réveiller le troupeau de mouton...

"deux policiers stoïques sur une voie de chemin de fer"

Ils ont même pas caillassé les manifestants pacifistes ?? Comment ça se fait ?? Généralement, ça les amuse ces gros bras

Ben moi j'ai été contrôlé passé 10 minute en ville....
On m'a interdit l'acces au centre commercial (seul, sans rien,propre) même en proposant de laisser mon passeport au flic, juste pour aller chercher de l'aspirine !!! "vous êtes indésirable"
sans compter que le parcours changeait a chaque coin de rue
impossible de repartir par la ville apres 6h sous la cagne; tu veux repartir à pied ??? "prenez la bretelle d'autoroute"

A qui doit -on attribuer cette débauche d'argent public, à MAM ou à Hortefeu.
J'espère que la Cour des comptes ne manquera pas de faire une remarque.

Je souscrit à tout ce que relate ces commentaires : j'ai une amie de 52 ans qui se promenait au Beau marais ( quartier près du camp) avec ses 3 petits enfants dont un en poussette : elle a eu un contrôle d'identité!! et on lui a demandé où elle allait ( jeudi dernier à 15 h de l'aprem ).
Les journalistes des journeaux locaux ont été affligeants de collusion avec les autorités, et les gens pour une grande partie des moutons.
On a vécu en plein délire sécuritaire : les propos du sous préfet ce matin "on a évité des morts et 60 commerces brûlés".???
beaucoup de gens d'ici sont bêtes comme la pauvreté de la région car beaucoup aquiescent.
Pendant la ville de Calais a perdu depuis longtemps la SECURITE de l'emploi avec ses 16% de chômage officiel ( en cat 1) et 25% réel. Bon cela en s'en fout tant qu'ils ne se révoltent pas...

j'suis d'accord avec serge.

quant on parle de paix,ils répondent gaz lachrymo,matraques.et une débauche de frique,alors nous ne sommes pas fiers économiquement et pour se faire aimer c pas gagnié.j'ais honte de çe montre la grande france si grandieuse et radieuse.vous voulez une europe unifié entre vous??
c anxiogènne pour les pays constituant de l'europe."une europe gétto??
philippe.c

Je suis bien étonnée, je croyais que Besson avait "rasé" la "jungle" pour lutter contre les passeurs !
C'était du pipeau, alors, cette information reprise par toute la presse ?
Quand est-ce que ce gouvernement va cesser de nous mentir ? Et comment lutter contre leurs mensonges ???

ça ne devrais plus durer/?,c,est une situation ,qui ridiculise,l,autoriteè de l;etat!!!!!alloit marie __hortefeux ??????

Je lis avec attention toutes ces réflexions. Certes, les "no border" ont été suivis de "très prêt" pendant une semaine mais cette façon de faire a permis d'éviter les débordements de Strasbourg. Il est clair que la consigne était : Messieurs les casseurs, il n'y a aucun espoir pour vous à Calais. Si vous venez, ce sera à vos risques et périls....
Pour ma part, j'habite Calais et je suis fort content d'avoir eu une attention aussi fortes de l'Etat.
Qu'aurions nous dit si Calais avait été mise à feu et à sang comme à Strasbourg, le port envahi, les ferries arrêtés au moment des départ en vacances, etc...
Force est restée à la Loi, et tant mieux

@fortunes : les forces de l'ordre avaient reçu la consigne de provoquer des débordements !
On a été provoqués, mis sous pression, infiltrés, fliqués, filmés... pendant une semaine !

fortunes ? vous confondez les black blocs (activistes) qui ont affronté la police à Strasbourg et les No Border (pacifistes)qui ont monté un camp écolo à Calais ...
Une petite centaine de pacifistes contre 3000 policiers à Calais. Y a pas comme un petit bug dans l'hémisphère gauche de votre cerveau ?

Il est vrai que dévier des enfants de leur trajet scolaire, demander des papiers à des mères de famille ... est vraiment sécurisant pour certains "édifices" bien protégés... Cet hélicoptère bruyant et polluant nous a permis de nous lever bien tôt et de nous interdire la sieste..., au moins, ce fut un long dimanche (et pas le jour le plus long)
Sans pour autant refuser cette sécurité, employons la juste mesure... Quoi que, les marchands de frites, de glace, de jeux de cartes et autres divertissements ont peut-être pu faire du chiffre avec cette semaine de campement armé..
Merci.
Calais est une ville où il fait bon vivre, où l'intelligence se trouve surtout dans le coeur des gens (ouf!)

Non, je ne crois pas qu'il y ait de "bogue" dans mon cerveau. En tout cas, pas encore diagnostiqué....
Pour autant, le refus par le collectif "no border" de condamner les pillages, les débordements, les coups, les voitures brulées, etc...a participé à ce que l'Etat réagisse de manière aussi forte. Il faut être en accord avec ses idées : Soit on est non violent, soit on accepte la violence comme mode d'expression d'une idée ou d'une politique.
Dans la mesure ou "no border" n'a pas visiblement pas choisi (je me trimballe rarement avec des machettes et des barres à mine, même pour camper...), l'Etat, lui, a fait le choix de considérer que, au vu de ce qui s'est passé ailleurs, les mots n'étaient pas en accord avec les actes.
Résultat : 2500 policiers pour 1000 manifestants.
Celà est à méditer, et sans doute pas uniquement du coté des forces de l'ordre.

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