«Que dois-je penser d'une Région socialiste qui donne de l'argent à une multinationale ?»
MUSIQUE - Le Main square festival, avec des subventions ? Manquait plus que cela. Derrière ce festival d'été, qui se tient à Arras, tête d'affiche cette année, Coldplay, il y a Live Nation, «première entreprise mondiale de spectacles sur scène», comme la multinationale se définit elle-même. Chiffre d'affaires 2007 : 4,2 milliards de dollars. Alors, le réseau Raoul, qui rassemble les principales salles de concerts de la région, l'Aéronef à Lille, le Grand Mix à Tourcoing, demande au Conseil régional et au Conseil général du Pas-de-Calais de revenir sur leurs subventions. Interview de Guillaume Léchevin, président du réseau Raoul et directeur des Quatre Ecluses à Dunkerque, «choqué».
Combien vont donner les deux institutions régionales ?
La région Nord-Pas-de-Calais accorde 100 000 euros de subvention, qui ont été votés. Le Conseil général du Pas-de-Calais devrait voter aujourd'hui une subvention du même montant, d'après mes informations. Nous demandons qu'ils reviennent sur leur décision.
Quelle a été votre réaction en l'apprenant ?
On a été choqué. Je suis sûr du mot. Le Main square, c'est Live nation, c'est tout simplement la plus grande société d'organisation de spectacles dans le monde. Leur objectif principal, c'est de grossir et de réduire en poussière la concurrence. Qu'une société commerciale ait besoin de se développer, de faire de l'argent, on le comprend, mais où est l'intérêt public là-dedans ? Où sont le respect du public et des artistes ? J'entends le Parti socialiste parler de diversité culturelle, de soutien aux pratiques émergentes, d'accès à la culture pour tous. Et que dois-je penser d'une Région socialiste qui donne de l'argent à une énorme multinationale ?
Que pensez-vous de l'arrivée de Live nation, qui vient de racheter le Main square festival cette année, dans la région, et du coup, en France ?
Live Nation pratique ce qu'on appelle les contrats à 360°. Avant, autour d'un artiste, il y avait une société qui vendait ses disques, une société qui organisait ses spectacles, une société qui gérait ses produits dérivés. Live Nation, lui, contrôle tout. Les artistes, les labels, les lieux. En 2008, il a organisé 33 000 concerts, 170 salles lui appartiennent. Il suffit de regarder ce qui se passe en Belgique : aujourd'hui, 80% des concerts sont organisés par eux. Live Nation, c'est le Mac Do de la culture. Nous, nous sommes pour la diversité culturelle.
Que voulez-vous dire par là ?
La partie la plus visible de notre travail, ce sont nos programmations, où nous affirmons nos choix culturels, nous faisons découvrir des choses, souvent peu relayées dans les médias, nous essayons de développer la curiosité des publics. Nos places sont entre 5 et 20 euros.
Vous ne jouez donc pas dans la même cour que le Main square, avec des stars mondiales, à 60 euros la journée.
Non. Surtout qu'il y a une partie immergée de l'iceberg, nos actions culturelles, les concerts que nous organisons en prison, les nombreux ateliers dans les quartiers en difficulté. Là, Live Nation n'y est pas car cela ne rapporte pas d'argent. Et cela ne brille sans doute pas assez pour certains élus. Pourtant, nous travaillons sur quelque chose de fragile, la transformation des rapports humains. Surtout, nous travaillons sur un territoire donné, on ne peut pas porter le même projet à Dunkerque, à Nice, à Paris, car ce ne sont pas les mêmes populations, les mêmes données économiques, les mêmes organisations urbaines. Le Main square festival, c'est comme un Big Mac, vous mangez le même en Inde et en France. Ce festival, il est posé à Arras comme il pourrait être posé partout ailleurs.
La réponse de Bernard Roman, premier vice-président du Conseil régional Nord Pas-de-Calais, chargé des finances.
«Nous finançons la ville d'Arras et la communauté urbaine, nous ne finançons pas le Main square festival, qui n'a pas besoin de nous. Le Main square festival est devenu un véritable événement l'été dans notre région. Nous avons été sollicités par la ville d'Arras pour participer au budget d'accompagnement du festival. En particulier pour des places gratuites pour les jeunes d'Arras, et des réductions de tarifs pour les lycéens. Nous aidons également à la mise en place de transports gratuits ces jours-là, ainsi qu'à la gestion de l'hygiène et des déchets sur le festival. Ce qui n'empêche pas que nous soyons à côté d'autres artistes. La Région finance toutes les salles du réseau Raoul. De notre point de vue, nous agissons en complémentarité de ce que nous faisons pour ces salles.»
Recueilli par Stéphanie Maurice


Comme le dit tres bien Monsieur Bernard ROMAN, Le Live Nation n'a pas besoin de subventions. La ville d'Arras ne donne rien au live Nation, juste son savoir faire en terme d'organisation. Ceci dit un coup de pouce financier est la bienvenue pour la ville d'Arras vu les moyens mis en place pour cet évenement.
Inutile d'y mettre un titre racoleur et totalement faux. Avec un titre pareil on n'est pas loin de la presse people.
Rédigé par : Kevin | 29/05/2009 à 21:16
On a déjà une Région, un Département (59) et une surtout une Communauté (LMCU), tous PS, qui financent le stade d'un club privé, alors pourquoi s'étonner ? Quand les bornes sont franchies, y plus de limite !
Rédigé par : Léon | 29/05/2009 à 23:06
C'est quoi "Le Main square festival, Coldplay, Live Nation" ? Et le réseau Raoul ?
Rédigé par : glamouille | 30/05/2009 à 01:55
Ségolène Royal n'en fera jamais d'autre... Ah, non, c'est Martine Aubry. Alors, c'est très bien
Rédigé par : Marc Galan | 30/05/2009 à 17:11
pour arras je ne sais pas mais çà ne m'étonnerait pas.
pour le grand stade malheureusement c'est la vérité mais rappelons que la droite à voter pour aussi.
j'aimerai par ailleurs un véritable audit sur le fameux lille xxl, mêmes les animations gratuites sont boudées par le public.
pour briller, qu'ils soient de droite ou de gauche, les politiques ne comptent pas l'argent qu'ils ne gagnent pas....
Rédigé par : necropaul | 30/05/2009 à 19:29
M. Roman parle au nom du CR, il reste donc 100 000€ du Département.
Ce qu'il faudrait savoir, c'est quelles sont les retombées (économiques et autres) pour la ville, la région.
Cela dit, je pense que Live Nation n'a rien à faire d'Arras. Si la ville n'aide pas d'une certaine façon à l'organisation du festival (donc avec l'argent de la Région et du Département), Live Nation ira ailleurs, à Douai, à Maubeuge ou je ne sais où.
Anecdote perso : il y a encore 2 ans, le Main Square Festival "offrait" quelques invits aux animateurs d'une radio associative de la Région.
On parlait du festival dans les émissions (dans la mesure où les concerts étaient intéressants aux yeux des animateurs), on "reportait" les concerts, on pouvait assister aux conférences de presse, tout le monde était content. Désormais, c'est fini. Plus d'invits, rien. Le Main Square n'a plus besoin du soutien d'une petite radio indépendante.
D'ailleurs, ils n'ont plus besoin de personne.
Du public, peut-être, qui va payer -très- cher ses places!
Rédigé par : Jean-Paul | 30/05/2009 à 19:42
Vous n'avez pas encore compris que le PS est mouillé jusqu'au cou avec la haute finance d'où qu'elle vienne.
Qui à le plus privatisé? Jospin.
Qui a lancé, discrètement, le début de la privatisation scolaire? Edith Cresson.
Fouillez bien et vous trouverez de multiples preuves que le PS joue à plein temps dans la cours de la hautes finance. Le social n'est qu'un paravent de fumée.
Rédigé par : Nounours | 30/05/2009 à 19:48
Il parait aussi qu'à la cantine de la mairie ils servent des yaourts Danone , autre multinationale !!! Et il utilisent des bics dans les bureaux ! encore une multinationale ! Heureusement qu'il y a des "journalistes" pour dénoncer ça !!!
Prochaine enquête, c'est sur le papier cul utilisé a la mairie de Lille ... On s'attend à des révélations fracassantes .
Rédigé par : l'imprécateur | 30/05/2009 à 22:13
Comme le dit si bien Léon, pourquoi le PS s'arrêterait il là, rien n'est trop beau pour Martine. Les monstres de la rue Faidherbe à 478000 e pour les beaux yeux de Monsieur Fusiller grand manitou de la culture Lilloise, alors 100000 e pour le main square festival, c'est donné. Tous shootés à l'argent public et sans contrainte. quelle gabégie ! mais voyons, c'est pour la notoriété, le rayonnement culturel, Roman, DeSaintignon,Percheron, Aubry et consorts ont tous un intérêt commun ; le sens de la démesure publique et de la mégalomanie !!! mélomanes s'abstenir
Rédigé par : flora-jones | 30/05/2009 à 23:23
Et si le festival devait être bénéficiaire (pure hypothèse tant le Main Square semble prendre la droite ligne du fiasco financier) : les collectivités locales récupéreraient-elles leur aide ou celle-ci partirait-elle dans les portefeuilles bien garnis de Live Nation ?
Rédigé par : bénéfices ? | 30/05/2009 à 23:41
Live Nation c'est Clear Channel, et derrière la volonté de maîtriser le marché de la musique depuis a production jusqu' aux concerts en passant par le marketing et la diffusion, c'est ce qu'on appelle le 360 degré. En gros ils rachètent les salles de spectalces pour y diffuser la musique qu'ils produisent, en écrasant tous les autres pourvoyeurs de sons et récoltant un gros paquet de pépètes pour leurs actionnaires.
U2, Madonna, Coldplay, Radiohead, Springsteen et pleins d'autres sont sous contrats avec eux, pour leurs tournées et parfois pour leurs disques comme c'est le cas pour Madonna et Jay-Z. Non seulement ça pose un problème de monopole et d'écrasement potentiel de la diversité musicale dans le monde, car c'est une entreprise globale, mais on peu se demander jusqu'où va aller le pouvoir de telles multinationales: censure des artistes, interdiction d'accès aux salles pour les artistes qui ne sont pas sous contrat et absorption de subventions publiques comme ici pour le Main Square Festival.
Je trouve choquant qu'un festival financé par une entreprise dotée de moyens financiers pharaoniques puisse bénéficier de subventions pour donner des places gratuites et financer les réductions de prix pour les jeunes et assurer le transport et la gestion des installations d'hygiènes. tous cela devrait-être à la charge de l'organisateur, pas de la ville. c'est juste scandaleux, surtout quand on voit le prix des places. Live Nation n'est pas une entreprise culturelle ou philanthropique bon sang!
http://www.prixtoutcompris.be/musique/live-nation-en-france-le-loup-dans-la-bergerie.html
http://www.numerama.com/magazine/9124-U2-chez-Live-Nation-une-guerre-des-geants-de-la-musique.html
Rédigé par : piero | 31/05/2009 à 06:16
Que dois-je penser de "responsables" politiques qui préparent le plus grand et le plus définitif marasme économique de tous les temps pour dans 10 ans ? 5 ans ?
Rédigé par : Colargolette | 31/05/2009 à 08:30
le patron de Live Nation s'appelle Michael Rapino ! Ca ne s'invente pas !
Allez lire ceci : http://www.prixtoutcompris.be/musique/pour-aller-plus-loin-pourquoi-live-nation-menace-la-diversite-de-notre-univers-musical.html
Rédigé par : Rachid | 31/05/2009 à 11:46
ben, que si tous les pays aident les mutlinationales, cela donne du boulot à plein de gens, et c'est le contraire du protecionnisme qui tue la croissance et etrangle les économies ; moi ce qui me choque c'est plutot les subventions aux artistes
Rédigé par : tom | 31/05/2009 à 12:01
Ce cadeau à une multinationale est à rapprocher au prêt de 4,5 millions accordé par l'Etat à l'usine de la Barre-Thomas.
Cette usine de pièces en caoutchouc pour automobiles a été rachetée en 2006 par Silver Point, un florissant fond d'investissement américain, qui licencie les ouvriers français pour augmenter les profits de ses actionnaires.
www.liberennes.fr/libe/2009/05/la-cgt-sinterroge-sur-le-pr%C3%AAt-de-45-millions-d-accord%C3%A9-par-letat-%C3%A0-lusine-de-la-barre-thomas.html
Rédigé par : nouvelordremondial | 31/05/2009 à 12:05
D'accord avec le réseau Raoul.
Quand on lit la réponse de Bernard Roman, premier vice-président du Conseil régional Nord Pas-de-Calais, on pense à Chirac à Paris, ou Juppé à Bordeaux, qui avaient foncé pour payer des places à "leurs pauvres" (pour voir Johnny). Minable !
Rédigé par : Dupondt | 31/05/2009 à 17:13
@Tom
on "aide" les multinationales, mais on "subventionne" les artistes ?
Ahahaha, le parti pris affiché dans le vocabulaire décrédibilise tellement le propos que ç'en est risible...
Rédigé par : Eusèbe | 31/05/2009 à 20:10
Ici Boris Colin, directeur du Grand Mix, à Tourcoing, vice président du réseau Raoul (www.reseau-raoul.com).
Pour répondre à M. Roman : nous demandons le retrait du financement au main square, que celui-ci soit direct ou indirect (par le pare-feu de la ville d'Arras ou de la communauté urbaine), peu importe ! Au final, cet argent public viendra alimenter les caisses de Live Nation... ou viendra lui enlever des dépenses qu'il devait assumer... La seule et unique raison pour laquelle nous demandons le retrait du financement du festival, c'est parce que live nation en est l'organisateur.
Notre demande est politique et symbolique. Non, vous n'agissez pas en complémentarité en finançant d'un coté "les salles" et de l'autre "un festival".
Dans l'absolu, et pour reprendre notre communiqué : nous ne remettons pas en cause l'organisation d'événements musicaux populaires dans notre région, car nous sommes persuadés de l'intérêt de ce type de manifestation.
Mais, vous ne pouvez et ne devez pas contribuer, directement ou indirectement, au financement de cette multinationale, rejetée, en France, par l'ensemble de la filière musicale.
Elle incarne des valeurs que nous rejetons, sa stratégie monopolistique est très dangereuse.
Symboliquement, politiquement, son financement par les pouvoirs publics, c'est juste insupportable, inadmissible....
Par ailleurs, effectivement, le Conseil Régional est un partenaire important du réseau (et des acteurs qui le composent), c'est indéniable. Remarquez que notre communiqué ne remet pas cela en cause.
Rédigé par : boris | 01/06/2009 à 10:42
de nouveau Boris Colin, Grand Mix, Tourcoing
1- Pour répondre au post qui se demande ce qu'est le RAOUL : depuis plus de 10 ans, le R.A.O.U.L. œuvre à la structuration du secteur des musiques actuelles sur le Nord – Pas de Calais. Aujourd’hui notre association fédère 17 structures, publiques ou associatives, développant des projets dans le champ des musiques actuelles en région (diffusion de spectacles, accompagnement d'artistes émergents, action culturelle...) dans le cadre de missions de service public. www.reseau-raoul.com
2 - pour répondre au 1er comment, j'imagine posté par un salarié ou élu d'arras, je ne comprends tout simplement pas que vous participiez, de quelque manière que ce soit, au financement de cette manifestation, pour les mêmes raisons qu'évoquées plus haut (post précédent). Jusque l'an dernier (l'édition 2008), vous aviez pleinement raison d'accueillir cette manifestation d'envergure, et d'y mettre les moyens que vous jugiez nécessaires. Mais le rachat du festival, en juillet 2008, par Live Nation, aurait du vous interroger !!!! Visiblement, ce n'est pas le cas... Et, pour le titre, non, ce n'est pas de la démagogie, c'est de l'information... Pour notre secteur, le loup est dans la bergerie, et c'est Arras qui lui a permis de rentrer... Quelle responsabilité !
3 - le post de "l'imprécateur" : j'espère que c'est une tentative d'humour, sinon, c'est vraiment grave... Rien de pire que les blasés, moralisateurs... Et oui, c'est de l'information ! Je pense que l'immense majorité des gens ne connaissait pas cette information, et surtout, n'était pas au courant des enjeux que ce sujet représente...
4- le post de "tom" : et bien... t'as tout compris...
Rédigé par : boris | 01/06/2009 à 10:47
Monsieur Roman ne sait peut être pas que les subventions régionales au réseau Raoul ou aux petites salles permet d'assurer des salaires de technicien ou autres alors que l'aide au Main Square apporte de l'aide indirecte à une multinationale qui diffuse une culture stéréotypée, prédigérée à contrario de la création de petits groupes, de la promotion de tremplin , de l'aide à l'enregistrement d'un premier CD ....
René Gonet vp ALJ Lillers
Rédigé par : René Gonet | 01/06/2009 à 22:55
Ce n'est pas la première fois que des fonds publics sont utilisés afin "d'aider" des entreprises multinationales ou non à s'installer...Même en considérant, que ces entreprises contribuent à créer des emplois et développer d'autres activités économiques, il n'est pas acceptable de distribuer des fonds publics pour soutenir ces entreprise dont les activités sont plus que rentables ! Live nation a tout à fait les moyens de se passer de la Ville d'Arras pour gérer, notamment, les déchets que son festival génère... Les activités de lieux tels que ceux du Raoul (et il existe beaucoup d'autres initiatives associatives notamment), ne peuvent, elles, vivre sans les fonds publics, car la culture n'est pas un produit comme un autre... elle ne peut pas toujours être rentable. Sinon, plus de soutien à la création (autres que pour des super productions qui remplissent les zéniths), plus de pratiques amateurs (pas rentables dutout), plus de petits lieux conviviaux et ouverts, où l'on va rencontrer des artistes mais aussi parfois des voisins, plus de rencontres entre artistes et scolaires au sein même de leur établissement, etc.
C'est vers ces initiatives non rentables mais créatrices de liens et de sens que doivent aller les fonds publics ! D'autant plus qu'aujourd'hui, ce sont elles qui souffrent le plus des restrictions ou "frilosités" budgétaires de la part de ces mêmes institutions...
Rédigé par : Caroline | 02/06/2009 à 10:26
Le commentaire de Tom est tellement navrant qu'il ne mérite aucune réaction.
Cette initiative des pouvoirs publics est révélatrice d'un mouvement d'ensemble qui va vers le "tout rentable" : heureusement que certains montent au créneau quand il s'agit de privatisation des services de soins hospitaliers. Le réseau raoul a raison de secouer son monde pour avertir de l'absurde de cette situation. Ces gros événements ont toute leur place dans le paysage musical français, les multinationales ont leur importance dans le développement économique d'un territoire, mais que des collectivités territoriales donnent de l'argent à ces requins... ça relève du servage!
On s'en plaindra sans doute davantage quand l'offre estivale de concerts sera réduite à une dizaine de têtes d'affiche.
Rédigé par : Maxime | 02/06/2009 à 12:28
Déjà en 2006, la région Ile-de-France avait, sous l'impulsion de Julien Dray, voté une subvention de 627000 euros (!) à MTV... La forte mobilisation des acteurs (notamment du RIF - Réseaux en Ile-de-France) et le relai médiatique important avait finalement eu raison de cette très douteuse opération (Révélations MTV 2006 Ile-de-France).
Avec vous pour la révolution… Comme signaient les socialistes... au début du XXème siècle.
Greg
Rédigé par : Greg | 02/06/2009 à 12:37
Au delà de l'attribution de fonds à une société qui certes, participe à un certain rayonnement d'une ville peu attrayante, je penses que l'écœurement de ceux qui travaillent au quotidien dans ce secteur pour défendre des valeurs et une culture qui n'est pas celle de la rentabilité, vient aussi du fait que, lorsqu'eux demandent des aides souvent bien moins importantes, on leur rétorque que le contexte est difficile, qu'envisager d'avoir 2000€ de plus parait impossible car les caisses sont vides... Pourtant lorsqu'une grosse machine pointe le bout de son nez et que les yeux des élus brillent, ils semble aisé de trouver 100000€, quel que soit le destinataire, pourvu qu'il y ait le bling bling.
Rédigé par : Sigismonde | 02/06/2009 à 12:59
Ici Guillaume Léchevin, directeur des 4Ecluses à Dunkerque et président du réseau RAOUL.
Je suis surpris de la brève réponse de Monsieur Roman « Nous finançons la ville d'Arras et la communauté urbaine, nous ne finançons pas le Main square festival … », Ce n’est pas ce que dit Monsieur le Président Percheron dans l’interview qu’il a accordé à France Bleu la semaine dernière : « Nous avons financé, subventionné à la marge (… ) ce n’est pas parce qu’un spectacle draine 100 000 personnes qu’il doit être ignoré… ».
Ces différences d’interprétations sur les modes d’attribution de l’argent public entre un Président de Région et son Vice-Président rendent nos interrogations encore plus profondes.
D’autre part, je suis très gêné par un amalgame qui profite à Live Nation et à ses représentants en France. Il est facile de dire « nous donnons aussi des subventions aux structures du réseau RAOUL », cela laisse entendre que nous ferions tous le même travail, soit : organiser des concerts… Je me sens dans l’obligation de rappeler que les 17 adhérents du RAOUL (ainsi que d’autres dans notre région) reçoivent de l’argent public parce qu’ils remplissent des missions de services publics. Ce n’est ni Live Nation, ni le Main Square qui défendent les artistes qui ne sont pas soutenus dans les médias, ce n’est pas eux non plus qui accompagnent tous les ans des artistes émergents de notre région, ils ne font pas non plus de concerts pour le jeune public, ou en milieu carcéral, ou dans les quartiers, ils ne portent pas de projet en fonction d’un territoire et de ses spécificités, il ne pratiquent pas de politique tarifaire qui prendrait en compte les difficultés des populations. Enfin, est-il raisonnable de comparer des associations ou des régies municipales à but non lucratif et au fonctionnement démocratique à une multinationale cotée en bourse ?
Allons nous bientôt mettre sur le même plan les bibliothèques municipales et les rayons livres d’Auchan ou Carrefour ? Allons nous prochainement entendre qu’il y a bien plus de monde dans les hypermarchés que dans les bibliothèques ? Il me semble qu’il y a ici une dangereuse confusion entre « opération de communication » et « politique culturelle ».
Le RAOUL ne se bat pas pour obtenir « une grosse part de gâteau » dont on nous dit sans cesse qu’il est minuscule (bien qu’il semble être subitement extensible à certaines occasions), notre réseau travaille avec beaucoup d’ambition et des moyens modestes, au développement des musiques actuelles et à la défense de valeurs, celle de la diversité de l’offre culturelle et celle de l’accessibilité des publics, celle qui favorise la création.
Rédigé par : guillaume Léchevin | 02/06/2009 à 18:06
Aaah le socialisme événementiel, la dernière trouvaille... Lille et la région comme caisse de résonance à l'ambition de quelques un(e)s. Le Nord-Pas-de-Calais va-t-il devenir un immense parc d'attraction ? Y'a plus de travail dans les usines fermées alors on visite celles-ci réhabilitées... avec la larme à l'œil...
Rédigé par : T | 02/06/2009 à 18:40
Ce site a rarement connu autant de commentaires, et si j'en osais un, ce serait "tant mieux si la culture fait débat". Après tout ce dont le réseau RAOUL cherche à se protéger, c'est bien du consensus, ici musical : quelles découvertes innombrables via ce réseau !
Ce post permet aux uns d'affirmer leurs convictions, et à lire certains commentaires, le principe de "démocratisation culturelle" a encore besoin de défenseurs ; quant aux autres, il semblerait qu'ils aient plutôt baissé le son, entre la réponse rapide d'Arras, et le silence de Live Nation... assourdissant.
Rédigé par : aimzon | 02/06/2009 à 22:09
Il y a une quinzaine d'années, une petite salle (le pharos, 300 places)avec des petits moyens (quelques sous de la politique de la ville) dans les quartiers ouest d'Arras, était devenue la véritable cheville ouvrière du développement au quotidien des musiques actuelles...elle remplissait laborieusement avec la complicité des habitants l'ensemble des charges liées à notre secteur...soutien a la création, ateliers de répétition, défrichage artistique avec une programmation ambitieuse (pour mémoire, on y a vu la bas, Asian Dub, NTM, Fugazi, Adwyn Collins, Baby Chaos, Miossec, Dominique A, Girls vs boys etc etc), médiation avec le public...bref, la mission de service public rêvée au coeur d'un quartier ou les enjeux étaient complexes et multiples...c'est là-bas que j'ai démarré mon parcours de professionnel de la culture, j'y ai vécu quelque chose d'unique... aujourd'hui,derrière la grosse vitrine Main square, il n'y a rien de bien clair sur Arras pour accompagner de façon ambitieuse le secteur des musiques actuelles... rien pour accompagner les groupes locaux, rien pour developper les publics... penser que le Main square est un complément a un travail d'artisan de développement des publics pendant l'année est une ineptie. Que des grands groupes d'entertainment fassent ce type d'événements n'est pas vraiment le problème, personnellement on peut tous y trouver son compte. Certains découvrent bien tardivement que le prix des places de ce festival est un frein pour un grand nombre... N'appartenait-il pas a la base, à la ville d'Arras d'établir un partenariat tarifaire préférentiel au regard des efforts consentis par elle sur l'événement ?
Rédigé par : bud | 03/06/2009 à 11:07
Patrick Pouchain, Président du café-musiques l'Abattoir. Lillers.
Albert Einstein aurait sans doute évoqué une aberration astronomique.
Aucune stratégie de développement culturel, juste une stratégie mercantile basée sur le profit, digne de toute multinationale qui se respecte.
La culture en guise de savonnettes !
Je propose (gratuitement) ce slogan à la WCC (World Cultural Company).
Grand guignol !
Rédigé par : Patrick Pouchain | 03/06/2009 à 16:48
par rapport au témoignage de Mr Roman, des questions se posent. La démarche d'avoir des tarifs réduits pour les populations en marge est une démarche de solidarité, est-ce aux collectivités de les absorber pour que les profits d'une société ne soient pas ébranlés ?
L'implication d'une Ville et d'une région (bien avant les subventions, tout commence par des mises à disposition d'espaces et de personnels) ne devrait-elle pas être conditionnée à la présence de tarifs réduits, sans que ceux-ci n'aient à être absorbés par des fonds publics ? En d'autre termes, les habitants d'Arras payent des impôts pour l'entretien d'une ville, cette dernière est mise à disposition d'un évènement, pourquoi des offres préférentielles ne sont pas exigées aux organisateurs de l'évènement, sans qu'il y ait besoin de leur donner de quoi absorber ces réductions, avec encore de l'argent public ?
Rédigé par : SdM. | 05/06/2009 à 10:30
Bonjour à tous, que penser des rabais "accordés" sur les billets en vente pour ce festival ? S'agit-il d'une reculade suite à des pressions politiques départementales & régionales pour retrouver le sens du mot "subvention" ou bien Live nation est-il en train de "boire la tasse" de bière ?
Que fait le cours de l'action LYV ?
Actionnaires, inquiétez-vous ! les boyaux rouges manque de sous pour vous ?
Rédigé par : Jean-Pierre Decaudin | 06/06/2009 à 16:00
Comment s'étonner ensuite du piètre score des socialistes aux Européennes... Cette affaire ne fait que stigmatiser le peu de crédibilité et le peu de sens qui émane de leur gouvernance et de la désormais piètre porté politique de leur idée...Rassurez vous, Ces élus auront certainement leur petite petite place VIP au main square,..., mais à quel prix !!!
Rédigé par : Kalagan | 10/06/2009 à 12:33
Bonjour. Je me permet de vous adresser ce message de protestation pour denoncer le "foutage de gueule" de l'organisation du main square festival qui vient d'annuler la soirée Behind The Square. Je fais parti des centaines de gens qui ont payé leur place pour la journée/soirée du Vendredi 3 juillet. On nous annonce aujourd'hui la supression pure et simple de la soirée pour la simple annulation de la tournée de Late of the pier. Aucun remboursement n'est proposé, alors qu'en cas d'annulation, un remboursement doit être. A la place, on propose , en "compensation", d'assiter au concert du 3 juillet.... le soucis: nous avons DEJA payé pour assister aux concerts de la journée sur la Grand'Place. Vue la configuration du festival, je présume que beaucoup de gens sont dans mon cas.Au final l'organisation nous fait payer pour j'imagine couvrir le cout de leur fiasco. Il n'y a pas mort d'homme dans l'histoire, ce n'est pas bien grave mais j'ai quand meme l'impression de passer pour un gros pigeon. Voila, j'espere m'adresser aux bonnes personnes et que d'autres en feront de meme! cordialement
Rédigé par : seb | 12/06/2009 à 11:32
2 articles dans le monde :
http://www.lemonde.fr/culture/....._3246.html
et celui concernant financement public (encadré) : http://www.lemonde.fr/culture/.....id=1206332
et un article de fond, certes partisan, mais instructif sur l’histoire et la mécanique live nation. Tirons des leçons de nos amis belges, c’est 2 fois le meme article (une version pdf plus mise en page) http://www.metiss.be/Files/med.....rdisee.pdf
http://www.prixtoutcompris.be/.....sical.html
Tout ça pour dire qu’il y a 2 scandales :
1 - pour le public : la pratique “braderie”, justifée avec des arguments bidons, mais personne n’est dupe… l’annulation de behind the square (comme si late of the pier était une tete d’affiche irremplaçable…)… heureusement, les places seront remboursées…
2 - pour le “secteur de la musique” : cher public, je vous invite à prendre du recul sur cette affaire. Les collectivités publiques ne doivent pas financer un événement comme le main square, parce que c’est live nation qui détient majoritairement le main square. Live nation est un danger public pour le secteur de la musique en france…. Alors, en plus que de l’argent public vienne abonder les caisses de cette multinationale, il n’y a pas moyen ! Live Nation, multinationale cotée en bourse au chiffre d’affaires de 3,7 milliards de dollars en 2007, c’est une stratégie de monopole : faire tous les métiers (media, salles de concerts, festivals, agent des groupes, billetterie, merchandising), tout racheter, pour tout controler et fixer seul les règles du jeu…
En france, le secteur de la musique repose sur une multitude d’acteurs (petits, gros, associatifs, pme…) non dépendants d’actionnaires…. (meme s’il y a dejà malheureusement des exceptions…. des tourneurs qui se sont faits rachetés par des majors…) et qui généralement ne font qu ‘un métier (là aussi, il y a des exceptions, quand les agents possédent aussi des salles de spectacles par exemple), mais bon, meme si ce n’est pas merveilleux, chacun peut travailler… et ne dépend pas d’un acteur…
Alors, vigilance !
parce qu’avec live nation dans la place, vous n’avez pas fini de vous offusquer sur leur pratique vis a vis du public (ou plutot des vaches à lait)…
Rédigé par : boris | 13/06/2009 à 10:51
arretez un peu de tirer a boulet rouge sur le main square, est ce que l un d entre vous peu citer un festival d envergure dans la region au meme titre que les vieilles charrues ou les euroks ou solidays ...
si c est pas FLP qui avait "fusionne" avec livenation sur le main square c est surement d autres boite comme verone production, ou a gauche de la lune ou encore nuits d artiste (tous producteurs dans la region nord) qui l aurait fait.
les multinationnales rachetent les producteurs de concert, c est pas nouveau ! a qui appartient camus deja ? et l olympia ?
le but c est que l on parle de la region, et que de artistes majeurs viennent chez nous pour le plus grand plaisir des spectateurs.
vous inquietez pas, qd un acdc, un aerosmith, une madonna, une britney, un johnny viendront au grand stade ... personne ralera, parce que vous serez trop content d avoir la possibilite de les voir ailleurs qu a paris !!!
a en lire certains, ils font la gueule parce qu ils ont pas d invits ou ne sont plus convies aux presse conference ... super, arretez je vais pleurer !
moi ce que je vois c est que les intermittents de la region vont avoir 10 jours de travail non stop !! et ca par les temps qui court c est pas mal !!!
messieurs les moralisateurs ... je ne vous salut pas.
Rédigé par : jean | 15/06/2009 à 19:13
Au fait, au passage, il convient de rappeler qu'il est interdit par la loi française d'être à la fois détenteur de la licence d'exploitant de lieu de spectacle et agent artistique...
Hors la loi le M.S.F.?
Rédigé par : Jean-Pierre Decaudin | 15/06/2009 à 19:48