Dans la jungle de Calais, la vie a repris son cours
SOCIETE - Il est 15h, cela fait un peu plus de quatre heures que l'opération policière de grande ampleur de ce matin est terminée. 150 Afghans arrêtés et placés en garde à vue, sur les 250 que compte ce camp de cabanes en vrac, faites de palettes, de couvertures, de bâches. Et la vie a déjà repris son cours. La police française ? «No good», disent-ils dans un grand sourire. Mais ce qui compte, c'est réessayer ce soir de passer en Angleterre.
Primevères. Des jeunes jouent au volley, d'autres cuisinent : ils font cuire des petits pains traditionnels, des naans, sur une poêle au fond épais. D'autres, encore, prient : les migrants ont installé au milieu de leur campement de bric et de broc une mosquée. Une grande tente de bâche bleue, soigneusement entretenue. Un parterre de primevères, incongrus, l'entoure. Les fleurs ont besoin d'eau : un jeune homme s'excuse, dans un mauvais anglais. Le point d'eau a été coupé il y a quinze jours, alors se laver, se faire du thé, et arroser, tout est devenu très compliqué. Un homme se déchausse sur une natte de bois, et entre dans l'ombre bleue de la tente.
«Les policiers voulaient tout détruire ce matin», racontent les réfugiés, «mais les bénévoles de Salam les en ont empêchés.» Salam est l'une des associations qui aident les migrants. Avoir sauvé leurs abris précaires, c'est la bonne nouvelle du jour. L'opération policière ? Ils la décrivent sommairement : vers 6h du matin, des CRS qui entourent le bois, qui passent la tête dans leurs cabanes et leur demandent de se lever. Aucune violence, affirment-ils. On leur demande leur impression, ils sourient. «Les policiers, c'est tous les jours». Tous les soirs en effet, ils essayent de passer en Angleterre. Ils affirment ne pas utiliser les réseaux de passeurs, de s'aider entre eux pour monter dans les camions. C'est souvent vrai, pas toujours. Les douaniers les arrêtent soit du côté français, soit du côté anglais. Puis les relâchent. Pareil pour les contrôles en ville : ils ne restent jamais très longtemps au poste de police. Parfois, ils peuvent manquer la distribution de nourriture, «the food time», et ça, c'est le plus ennuyeux.
Talibans. Ils savent qu'ils ne sont pas expulsables. Beaucoup d'entre eux sont mineurs. Comme Salahuddin, 16 ans, qui a fui son pays car il était menacé par les Talibans. Ce que reconnaît la préfecture dans son communiqué : «Cette intervention a été l'occasion de dénombrer une présence très importante de migrants -dont de nombreux mineurs sur ce site, et de constater avec les services techniques de la ville de Calais un état d'insalubrité très préoccupant.»
Stéphanie Maurice
Photo Pascal Rossignol, Reuters (A Calais, le 7 avril)



Quand je lis l'article , je me dis mais il est où l'état de droit ? Il y a des mineurs parmi ces clandestins.
Que fait l'état ?
S'ils sont mineurs ils ont le droit à l'assistance en tant que tels mais en plus l'état a l'obligation de leur venir en aide.
Clandestins ou pas ;la loi s'applique à tous et toutes personnes se trouvant sur le territoire; C'est la règle numéro un qui permet d'organiser la vie collective.
J'espère que la remarque que j'ai soulevé permettra de soulever un débat.
M
Pour les clandestins mineurs quels droits pour eux et quels devoirs pour la collectivité.
Rédigé par: zérozaza | 21/04/2009 à 22:08
Quand les pays occidentaux enverront-ils enfin clairement des informations relatant la réalité des conditions d'accueil aux pays d'émigrants ?
Le film "welcome" sera-til projeté en Irak ou en Afghanistan ?
Rédigé par: bibi | 21/04/2009 à 22:40
Bonsoir,
J'ai l'impression que la police répond à une absence de solution : on rend le séjour des migrants difficile, sans les arrêter, c'est quoi cette situation débile ?
Les législations française et anglaise se voilent la face sans affronter la réalité.
En Angleterre des zones taliban sont en train de se mettre en place selon un article lu dans le Sunday Times - pas un canard extrémiste. Les derniers attentats gravissimes provenaient de la communauté pakistanaise, résolument non intégrée.
Avec la crise qui sévit actuellement la compétition pour décrocher un job ne s'arrange pas - même en travaillant 12 heures par jour 7 jours sur 7, çà ne va plus suffire.
On va où là ? Interdire aux gens normaux de fuir les talibans et les zones de guerre ? Laisser des foyers talibans se développer à Londres ? Chasser tout étranger ? Les exploiter comme esclaves ?
Je ne vois aucune solution positive, tant que la merde continuera en Afghanistan, au Pakistan, en Palestine et ailleurs.
On est en pleine de situation de crise. Il va falloir gérer au cas par cas. Les slogans politiques sont un peu courts.
Je suis moralement avec les gens qui apportent des solutions - et contre tout ceux qui contribuent à aggraver le problème, souvent pour des raisons personnelles...
Rédigé par: Marc S. | 22/04/2009 à 01:16
Avoir fermé "Sangatte", pour plusieurs mois retrouver cette situation plusieurs mois aprés est indigne de pays dit civilisés. A quoi sert l'Europe. A rien sur ce sujet.Tout ministere qu'il soit anglais, francais, n'ont aucune foi dans ce qu'ils font, aucun suivi dans leur chapelle. C'est une grande tristesse.N' y as t il des tables pour discuter, envisager, creer des passerelles de situations; cREER DE GRANDS SOMMETS MOBILISENT TROP DE FONDS, d'ENERGIE HUMAINE NEGATIVE.(Voire RUBAN).cERTES RIEN N4EST AIS2 ? MËME POUR DES MINISTRES? MAIS QUAND MËME!
Rédigé par: corneille | 22/04/2009 à 06:24
Surtout qu'il n'oublient pas de prier !
Face à un monde qui se complexifie , la France a une chance inespéré que le moyen age soit à ses portes !
Dire qu'avant il fallait faire la guerre pour envahir un pays !
Rédigé par: serge | 22/04/2009 à 08:52
formidable cette idée de leur couper l'eau ! quel sens de l'hospitalité, quelle humanité ! Merci au gvnt de Mr Sarkosy pour cette haute idée de la France.
Rédigé par: gigi | 22/04/2009 à 09:13
pendant que des clowns sinistres s'agitent à Durban, et que la France se contente de dodeliner de la tête en trouvant que le spectacle aurait du être meilleur, ce même gouvernement français ne sait pas protéger sur son sol ces jeunes hommes (et femmes peut-être) pleins de vie, aux visages encore enfantins parfois, qui fuient les talibans ... on devrait les soutenir, leur faire une place, leur demander de nous transmettre leurs témoignages La France marche (recule plutôt) sur la tête Vous n'en parlez pas dans l'article, mais j'espère que des associations de musulmans modérés aident également leurs coreligionnaires, dans le coin de Calais ; il serait temps que les musulmans humanistes se lèvent, agissent, et le fassent savoir
Rédigé par: myr | 22/04/2009 à 09:43
En dehors du sentiment de pitié je suis admiratif devant le courage de ces hommes . Un enfant de 16 ans qui sans aucun moyens a parcouru le quart du globe terrestre pour atterir à Calais .De quoi a-t-il pu vivre le long des routes ? Avec quelles ressources a -t-il assuré son coucher et son manger ?
Moi ,cordonnier au chomage ,je ne trouve pas l'argent pour visiter ma vieille maman à Arras .
Rédigé par: tramoni | 22/04/2009 à 11:03
Vomitif.
De terre d'accueil, la France finira par n'avoir plus que le nom. Comme la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, qu'on mutile un peu plus chaque jour...
Rédigé par: Utopia | 22/04/2009 à 12:05
Ils veulent rendre la vie pénibles aux migrants pour les faire fuir, mais il n'arriverons pas à concurrencer les talibans. Au petit jeu de les pourchasser, Sarkozy ou Besson ne pourrons pas aussi bien faire que les barbus. C'est perdu d'avance !
Rédigé par: Kamyar | 22/04/2009 à 13:48
On n'avait pas à les laisser entrer au départ c'est tout.
Aprés, refiler la "patate chaude " au britannique, c'est d'une lâcheté sans nom.
Rédigé par: tovaritch | 22/04/2009 à 16:31