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  • OUALOU - Le clip de On lâche rien, le dernier titre des roubaisiens HK et les Saltimbanks, a été tourné sur une scène-camion, au milieu de la manif sur les retraites, le 6 novembre à Paris. Ça fait des souvenirs, à regarder et écouter, ici
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25/02/2009

Voeu de silence ponctuel pour les droits de l'Homme

SOCIETE - Ils sont une petite centaine. Ils forment un cercle, et se taisent, immobiles, pendant une heure. Certains ont une torche à la main. Un type s’approche : «Heu... vous pouvez m’expliquer ? C’est une commémoration ?» Tous les derniers mardis du mois, à 18 h 30, place de la République à Lille, c’est le cercle de silence.

Des catholiques, orthodoxes et protestants du Groupe de réflexion interreligieux de l’aide aux migrants, des gens de la Ligue des droits de l’homme, du Mrap, de la Cimade, du Réseau éducation sans frontières, deux frères franciscains en habit. Une banderole : «Cercle de silence, pour que la France redevienne le pays des droits de l’homme».

C’est une forme de colère pacifique inventée par des franciscains, sur la place du Capitole à Toulouse pour protester contre la politique d’immigration de la France. A Lille, cela dure depuis onze mois. On y était le mois dernier, et c'était à nouveau hier soir.

«Bêtes». Il fait froid, et il y a un peu de brume, sous le halo orange des lampadaires. Ils rentrent la tête dans leur écharpe. Des gens s’approchent, ne comprennent pas toujours. Quelques minutes plus tôt, avant de se taire, Michel Ruef, aumônier des prisons, dit «à ceux qui affirment qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde», qu’il fallait «commencer par ne pas piller toutes les richesses du monde» et que que sa «conception de l’humanité et de l’accueil» ne correspond pas «à la brutalité des centres de rétention». Jean-Pierre Leroy, président du Griam et animateur en pastorale, est là parce que «les droits de l’homme sont bafoués, on arrête les gens, on les relâche, on les arrête de nouveau, les personnes sont considérées comme des bêtes».

A la Ligue des droits de l’homme, Brigitte Pavy ajoute que «ce n’est pas parce que j’ai eu la chance de naître dans un pays riche et démocratique, que d’autres n’ont pas le droit de vivre dans des conditions dignes».

«Supergentil». A quelques mètres, un rassemblement en faveur d’un étudiant sans-papiers lillois menacé d’expulsion. Bruno, prof de maths, qui vient soutenir l’étudiant, regarde le cercle de loin : «Trop silencieux pour moi.» Il se ravise : «En même temps, ils nous disent que la politique, parfois, est tellement inadmissible que ça nous laisse sans voix.»

 Rémi, prof, déboule en vélo de la Grand Place, non loin. L’initiative, il la trouve «forte». Même s’il vient juste de faire tout l’inverse : un «grand cri critique», d’une minute, poussé par une cinquantaine de personnes, profs, élèves, parents, quelques minutes plus tôt, pour protester contre les réformes Darcos.

On demande à Elhadi, étudiant algérien, ce qu’il en pense. Il ne sait pas, il croit savoir que c’est «un truc catho». On lui explique, les droits de l’homme, les sans-papiers, les centres de rétention. Il les regarde mieux. Il a l’air scié. «En tant que musulman, je suis très touché par le truc.» Il ajoute : «Je trouve ça supergentil.» Julie, étudiante en histoire, passe, s’arrête longtemps. Elle trouve que ça «donne de l’espoir, tous ces gens qui se tiennent dans le froid, pour les droits de l’homme».

Haydée Sabéran

Commentaires

un cercle du silence a lieu tous les mois en même temps que celui de Lille sur la grand place de Roubaix (et dans pas mal d'endroit en France si j'en crois le tract que j'ai récupéré mardi)

Pour qu'il y ait des "Droits" il faut qu'il y ait des Lois... l'un ne va pas sans l'autre.

Prochaine fois, faire la même chose devant la Préfecture...

à noter que les cercles de silence sont présents dans toute la France: http://cercledesilence.info/

Un mode d'action qui devrait faire école, puisque nos gesticulations intersyndicales de branche font des cercles vicieux sans jamais obtenir aucun résultat sinon que des miettes parfois tombent du balcon.

Il y a plusieurs semaines, un autre Elhadi, étudiant à Lille, qui était allé à une consultation hospitalière pour des examens, a été "cueilli" par la police française.
Malgré la mobilisation, dont un long rassemblement dans le grand froid et devant la Préfecture (le Préfet avait refusé de recevoir une délégation !), il a été expulsé vers l'Algérie, malgré sa carte d'étudiant et sa maladie.
Plus de nouvelles, à part le fait que le SNAPAP, syndicat autonome algérien contacté par Solidaires devait l'attendre à l'aéroport et lui proposer son soutien pour la vie quotidienne.

Réduction du périmètre de l'État aux fonctions régaliennes en cours, exaltation de la concurrence jusqu'à en faire la règle même dans les relations humaines, une dose d'autoritarisme (nombreuses sanctions contre des personnes qui manifestent leur désaccord politique, et renforcement de la hiérarchie dans les projets de loi concernés)... et cette charmante frénésie de l'expulsion.

Un cocktail effervescent au goût amer.

Voilà des gens qui pensent pouvoir tout quantifier (compétences, culture, personnes, expulsions) et rester humains.
Et ils se croient les meilleurs d'entre nous puisque tout petits déjà ils avaient tout, et étaient persuadés que cela récompensaient leurs nombreux dons innés.
Manquent-il d'intelligence, d'imagination... ou d'intérêt pour ceux de leurs semblables qui ne leur ressemblent pas ?

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