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Lille-Sud : pas de polémique sur l'hyper, les Verts désespèrent


MUNICIPALES- José Bové a l'oreille collé au portable, les gens le reconnaissent et klaxonnent, les Verts de Lille ne sont pas mécontents de leur petit coup médiatique. Ils en profitent pour ressortir des cartons un dossier mis de côté le temps des municipales, disent-ils, petit coup de griffe à Martine Aubry : un nouvel hyper Carrefour juste en face de l'hôtel de police fraîchement inauguré, à la place des anciens entrepôts Dubois. Une affaire où il n'y a rien de fait, selon la mairie. De toute façon, manque de bol, ce n'est pas à Lille-Sud, même chez les petits commerçants, que la liste écolo va trouver des

Lille-Sud est l'un des quartiers de Lille qui votent le moins Vert, 10% environ aux dernières municipales, à comparer aux 15% obtenus sur la ville. Et cela se sent. Le porte-à-porte rue du Faubourg des Postes en devient légèrement désespérant. Au premier commerce, passe encore. François Desbottes, le photographe, est président de l'Union commerciale et conseiller de quartier. «D'après ce que je sais, ce sera essentiellement un hyper alimentaire, qui pourra attirer une nouvelle clientèle dans le Sud. Je ne suis pas contre, si le projet est bien travaillé en amont avec les commerçants.» Même son de cloche à la boutique Odonae, tenue par l'une des stylistes du Faubourg des Modes : «Si cela peut créer du passage, c'est bien», dit-elle. Au café suivant, retoquage encore : «Il n'y en a déjà plus de commerces de proximité, comment voulez-vous que l'hyper les tuent ?» Eric Quiquet, tête de liste, tente : «Mais il y a le marché...» La dame l'arrête tout de suite : «Ah, mais, le marché, c'est une ambiance différente. Regardez le marché de Wazemmes, il est plein tous les dimanches ! Pourtant, il y a plein d'hypers à Lille.» C'est justement cette concentration qui inquiète les Verts, partisans d'un moratoire sur l'implantation de nouveaux hypers, pour éviter la disparition des autres types de magasins. Les chiffres sont avec eux. Par exemple, en 1988, dans le Nord-Pas-de-Calais, 70 communes comptaient plus de 20 boutiques d'habillement ; elles n'étaient plus que 39 dix ans après(1). «Toutes les grande surfaces voient leur chiffre d'affaires s'effriter dans les périphéries. Alors, elles essayent de revenir en centre-ville, là où sont les revenus les plus élevés», explique Dominique Plancke, troisième de la liste. «A Lille-Sud, il y a de la réserve foncière». Et des habitants plutôt contents de voir arriver des activités de service dans leur quartier.

S.M.

(1) chiffre publié dans un mis en ligne sur le site du ministère de l'Ecologie