FOOT - ACTUALISE à 16h La Ligue 1 s’est enfoncée dans la nuit samedi soir, à l’occasion de Metz-Valenciennes (2-1) : dégoûté d’être la cible d’insultes racistes formulées par un spectateur, le défenseur nordiste Abdesalam Ouaddou est parti s'expliquer avec lui dès la fin de la première mi-temps. «Cette personne n'a pas cessé de m'insulter, a détaillé l'international marocain. J'en ai fait part à l'arbitre, qui m'a demandé de rester dans mon match.
Il raconte : «A la mi-temps, je suis allé voir la personne à la tribune. Je sais que cela ne se fait pas, ni en tant que capitaine, ni en tant que professionnel. Mais croyez-moi, c’était difficile. J’ai craqué. J’aurais aimé que l’arbitre en fasse part au quatrième arbitre, qui aurait peut-être pu exclure ce pseudo-supporteur.»
En fait, l’arbitre Damien Ledentu aurait même pu (dû ?) arrêter la rencontre : le règlement de la Fifa le permet en cas de racisme. Après le match, le joueur a été entendu par la police et a porté plainte contre l’auteur présumé des insultes, qui a été arrêté. Le FC Metz et la Ligue ont aussi porté plainte.
Selon l'AFP, le spectateur, âgé de 37 ans était en garde à vue
dimanche en fin d'après-midi. La ministre de la Justice Rachida Dati a dénoncé lundi sur Canal Plus l’attitude «inacceptable» du supporter. «La poursuite est systématique (...) et cet individu,
avec les éléments qui sortiront de la garde à vue, sera poursuivi». Il est poursuivi pour «injures publiques à
caractère racial» et a été placé sous contrôle judiciaire, a indiqué le parquet de Metz.
Il a également
été interdit de stade jusqu'à nouvel ordre par le juge des libertés, a
précisé Emmanuel Dupic, substitut du procureur de la République.
Entendu dans la matinée pendant 45 minutes à la cité judiciaire de
Metz, il comparaîtra le 18 mars devant le tribunal correctionnel
de la ville.
Par ailleurs, deux autres spectateurs, auteurs présumés du caillassage
d'un bus de supporteurs nordistes, comparaissent lundi devant le
tribunal correctionnel de Metz, accusés de violences en réunion avec
armes et de dégradations, a indiqué une autre source judiciaire.
L’affaire Ouaddou rappelle l’affaire Kébé, le joueur de Libourne-Saint-Seurin insulté lors d’un match à Libourne par des supporteurs de Bastia, ce qui avait valu un point de pénalité au club corse avant que celui-ci ne fasse appel. On devrait aussi reparler de l’attitude surprenante de Ledentu, qui s’est borné à demander à Ouaddou de faire le sourd.
Grégory Schneider (avec AFP)
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La Ligue des droits de l'homme solidaire et en colère
Gérard Minet, secrétaire régional de la Ligue des droits de l'homme a adressé une lettre de «solidarité» au joueur. «Solidarité pour l’aggression morale dont vous avez été victime. (...) Solidarité contre la sanction sportive d’un carton jaune infligé par un arbitre inconscient de la gravité des faits. Solidarité avec l’acte de courageuse protestation que fut votre volonté de débattre avec ce spectateur. (...) Si tout acte ou toute parole raciste était systématiquement relevée comme vous l’avez fait (et comme ne l’a pas fait l’arbitre), le chancre du racisme ne se développerait pas».