Comparateur de rachat de crédit

«Les profs disparaissent, les lycéens manifestent»


MANIF - Sous le soleil, ils sont cinq cents, cet après-midi à Lille, au plus fort de la manif lycéenne contre les suppressions de postes. C'est la première dans le Nord, l'école a repris hier matin. Slogans : «Les profs disparaissent, les lycées manifestent» ; «Plus de postes au lycée, pour pas finir policier» ; Et en chanson : «Un pas en avant, deux pas en arriè-reu, c'est la politi-queu du gouvernement».

On attendait la Porte de Paris, départ de la manif, noire de monde. On a vu une petite troupe qui attendait à la fraîche sous les arbres en fleur. «Mais pour la première manif, c'est pas mal», rassure Julien Ente, de Sud Education, étudiant, presque ancêtre dans cette forêt d'adolescents.

Dans le cortège, Tanguy, lycéen à Valentine Labbé, à La Madeleine, porte un drapeau des jeunesses communistes, il vient d'adhérer. Il a prêté une pancarte fait maison à un copain : «UMP : Union Monarchique Présidentielle». «Une idée de mon père. Je voulais mettre "Une M... de Plus", mais je me suis dit qu'il fallait être plus intelligent qu'eux, moins vulgaire. Pas ressembler à «Casse-toi pauv' con»».

La filière de Tanguy, «sciences et technique de laboratoire» est touchée. «On nous dit qu'on coûte trop cher en heures de TP, mais on en a besoin pour avoir notre bac, qui mène vers le BTS Peintures adhésifs et emballages, qui mène direct vers un boulot». Robin Caravecchia, responsable de la Fidl, venu de Mantes-la-jolie «donner un coup de main» prédit des classes de «35 à 40 élèves», et la disparition des petits groupes, en options : «un enseignant pour dix élèves, c'est plus cher que pour 30».

«On veut nous entasser», ajoute Florian Berche, en 1ère L au lycée Gambetta de Tourcoing. «On nous annonce 11.200 postes de profs en moins. Le lycéen de demain n'aura pas les mêmes chances que celui d'aujourd'hui. Or la culture, comme la médecine ça ne peut pas être rentable. Ça coûte cher.» Prochaine manif lilloise : jeudi, 14h30, porte de Paris.
H.S.